Les
arbustes dits « de terre de bruyère »
Conférence
de Raymond Grall à la SHPA,
dimanche
12 novembre 2006
Ces
arbustes doivent leur nom à leur préférence pour les sols acides.
La Bretagne se caractérise par ses sols acides et se prête donc
parfaitement à leur culture. Il est vrai que leur teneur naturelle
en matières organiques constitue un atout supplémentaire.
La
plupart sont des Ericacées. Toutefois, quelques autres
familles sont également adaptées aux terres acides.
Les Ericacées
3
300 espèces
87
genres (dont Rhododendron, Pieris, Kalmia, Gaultheria…)
Tous,
sont des petits arbres, arbustes ou sous-arbrisseaux
- au système racinaire superficiel (un rhododendron
de 3 m a une motte ne descendant pas à guère plus de 50 cm).
2 avantages :
la transplantation d’un arbuste adulte est grandement
facilitée
on peut planter dans un terrain sans profondeur de terre
importante
- ramifiés depuis leur base
-
ligneux mais à extrémité herbacée.
- qui présentent des fleurs hermaphrodites
| Camellia sasanqua 'Maiden's Blush' |
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Les
Ericacées ont leurs exigences naturelles
Sol :
- léger et drainant (c’est un sol silico-humifère,
noir, pulvérulent dans lequel l’eau ne stagne jamais)
- acide (un PH compris entre 5,5 et 6 est idéal. La végétation
naturelle est le genêt, l’ajonc, la fougère aigle, la petite
oseille…)
- humifère et… riche (sauf pour les bruyères,
apport régulier de matière organique)
eau :
- jamais d’eau stagnante au pied (risque en
particulier de phytophtora)
- supportent une sécheresse relative en période de repos
végétatif (en général, de septembre à avril)
- besoins importants en période de floraison et de pousse
(mai à juillet)
climat :
3 composantes :
-
le froid : ne craignent pas les froids importants (la température
en période d’arrêt végétatif peut descendre à – 20° C)
mais les gelées tardives sur la végétation qui démarre au
printemps.
-
le vent : il provoque des brûlures (air marin), des
feuilles cassées, des pétioles déformés. Ces blessures laissent
s’installer des champignons qui peuvent entraîner le dépérissement
de l’arbuste.
-
l’ensoleillement : ce sont des plantes qui n’aiment
pas l’excès d’ensoleillement. Au nord de la Loire le risque
est fortement diminué.
Chaque
genre, espèce et variété se comporte différemment. C’est
l’intérêt même de la création variétale et de la sélection
qui permettent d’offrir le choix des individus les mieux adaptés.
Culture
des Ericacées
1°
On ne plante qu’une fois… il vaut mieux bien le faire !
Quand ?
De préférence à l’automne car la terre encore chaude
provoquera un enracinement immédiat. De plus, la plante pourra s’établir
pendant l’hiver. Avec les cultures en conteneur, on peut aussi
planter au printemps mais il faudra être vigilant pour l’arrosage
et la plante aura plus de mal à s’adapter.
On
choisit les variétés pendant la période de floraison et on plante
à l’automne.
Quels
plants ?
Pas trop petits (résistance moindre). Il faut qu’il y
ait un rapport harmonieux entre la motte et la taille de la plante
(ne pas choisir un plant trop grand dans un petit contenant)
Observer le feuillage : il doit être sain et
d’une couleur identique sur toute la plante, sans morsures (des
perforations rondes de 5 mm de diamètre indiquent la présence d’otiorrhynques)
Les racines sur le bord du contenant doivent être
blanches et pas trop importantes. Si les racines ont tapissé la
paroi, il faudra griffer la motte avant de planter.
Comment ?
La largeur du trou doit être le triple de celle de la
motte.
Le niveau supérieur de la motte est au ras du sol (éventuellement
1 cm sous le niveau du sol, mais pas plus), même si la plante est dégarnie
à la base.
Ne rien apporter (ni terre de bruyère, ni engrais).
Les plantes de terre de bruyère n’aiment pas l’action
directe du soleil sur la motte : il faudra donc mulcher
(apport de matières organiques en surface).
Quelques
distances de plantation : 1,50 m pour les rhododendrons mais
1,20 m pour les petits et 0,80 m pour les nains. 1 m à 1,20 m pour
les Pieris.
En
conditions difficiles, on peut tout de même planter des plantes de
terre de bruyère.
En
sol très humide ou trop calcaire on plantera sur un terrain surélevé
d’au moins 40 cm (créer une butte de terre de bruyère de 40
cm ou plus, apporter de la nourriture sous forme de matières
organiques, planter et pailler).
En
sol desséchant, planter en créant une cuvette au pied
de l’arbuste.
2°
La plantation n’est qu’une étape : une série de soins
mèneront les plantes à leur complet développement.
Paillage indispensable (écorce de pin, pouzzolane,
bille d’argile…).
Fertilisation (sauf pour les bruyères) : fumier
de cheval autour du 1er décembre. Un apport par an (jusqu’à
10 cm d’épaisseur). Tous les 2 ans au bout de la 5ème
année.
Double
intérêt : apport de nourriture et protection contre le froid.
Les
plantes seront plus solides et plus résistantes aux maladies et
ravageurs.
Arrosage : vigilance conseillée la 1ère
année de plantation.
Désherbage :
manuel. Les plantes de terre de bruyère ne supportent pas
les désherbants chimiques.
Pincements indispensables les premières années pour
garder une forme harmonieuse à l’arbuste. Enlever systématiquement
les fleurs fanées et tout particulièrement pour les Pieris.
Taille :
après la floraison. Les camélias supportent très bien une
taille très sévère. Si on veut transplanter un arbuste, on doit
le cerner 1 an à l’avance et le tailler fortement lors de la
transplantation.
Prévention
des maladies :
Il y a, en fait, peu de maladies si l’on respecte les
exigences de culture et si on apporte suffisamment de nourriture.
On
notera toutefois :
Phytophtora
cinnamomi : champignon microscopique se développant dans
un sol chaud (conteneur) ou humide et mal drainé. L’arbuste donne
l’impression de faner (les feuilles pendent et la plante finit par
sécher). Le sauver est très difficile. Un traitement préventif
après la floraison à l’alliette ou est préférable.
Brûlures
dues au soleil, au vent, au gel…
Armillaire :
champignon saprophyte (vivant sur bois mort) qui attaque les racines
de l’arbuste. Il devient alors parasite. Décoloration progressive
du feuillage et dessication du pied. Aucune lutte chimique connue.
Otiorrhynques,
pucerons…
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Pour
en savoir plus sur les plantes de terre de bruyère, vous
pouvez consulter 2 ouvrages auxquels Raymond Grall a apporté
sa contribution :
« Les
plantes de terre de bruyère » Mauryflor
ISBN
2-9509816-3-1
« plantes
de terre de bruyère » par Alain Stervinou et
Jean-Pascal Chatelard Ed. Ulmer
ISBN
2-84138-237-0
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