Société d'Horticulture du   

                          Pays d'Auray

Les pucerons : Symptômes et nuisibilité

Les dégâts produits par les pucerons sont de différentes natures, ils sont classés en deux catégories.

Les dégâts directs

-  Liés à la prise de nourriture : les prélèvements de sève privent les organes attaqués, voire la

plante entière d’eau et d’éléments nutritifs. Cette spoliation entraîne un affaiblissement général de la plante, une entrave à la croissance, un flétrissement.

Ces dégâts n’apparaissent qu’en présence d’une population importante de pucerons.

Ils sont généralement peu détectables visuellement sur les plantes ligneuses.

Par contre, sur les plantes herbacées, les plantes potagères en particulier, nous pouvons observer un ralentissement de croissance, les jeunes plants sont chétifs et peuvent disparaître. Sur laitues et endives le puceron des racines peut entraîner, surtout en période sèche, un ralentissement ou un arrêt de croissance au champ, une mauvaise qualité des chicons en forceries.

-  Liés à l’effet irritant des piqûres et à l’action toxique de la salive. La présence de divers composants (enzymes, régulateurs de croissance, toxines) contribuent à provoquer des malformations  variées.

     - Déformations des feuilles : enroulements, crispations, cloquages, boursouflures,  recroquevillements ; chute.

     - Sur rameaux : courbures, rabougrissement, entre-nœuds courts.

     - Avortement de la floraison.

     - Fruits bosselés et petits (Puceron cendré du pommier).

     - Chancres sur parties ligneuses (puceron lanigère).

     - Galles faisant office d’abris larvaires sur les feuilles, les limbes et les pétioles (pucerons divers du peuplier), les rameaux (chermès des conifères).

    - Sur les denrées stockées (bulbes, oignons d’espèces florales ou potagères, semence de pommes de terre etc.) : altérations des organes de conservation et de leur faculté germinative, jeunes pousses chétives, mal formées.

Sur la photo, dégâts du puceron lanigère sur pommier (bousouflures)

.  Sur les arbres ornementaux, nous ne retenons en général, sauf exception,  que l’effet inesthétique.

.  Sur les arbres fruitiers l’importance des dégâts dépend de la nature du ravageur et de  l’intensité de la pullulation. Sur le pommier, par exemple, le Puceron cendré est le plus dommageable. Il peut affecter la floraison, la nouaison, la formation des fruits.

.     Sur les plantes potagères et florales, les effets de la toxicité salivaire amplifient ceux de la ponction de sève. Feuillage et fruits peuvent être plus ou moins fortement déformés, entraîner une dépréciation ou conduire, dans les cas graves, à une destruction de la culture (sur Cucurbitacées par exemple, à la faveur de fortes pullulations).

Les dégâts indirects

 - Liés à l’excrétion du miellat.

Le miellat présent à la surface des végétaux n’est pas toxique pour la plante ; mais c’est un produit dessicant. En cas de canicule, il favorise un effet «coup de soleil » sur le feuillage. Ce miellat riche en sucre (6 à 11% de saccharose) attire les fourmis et les abeilles. Il constitue aussi un milieu favorable au développement de champignons saprophytes, agents de fumagines. Ces derniers forment, en conditions humides, un enduit noir superficiel, parfois très abondant. Il peut entraver la respiration, la photosynthèse, salir les organes consommables (les rendant impropres à la commercialisation), souiller l’environnement. Cette dernière nuisance est souvent mal perçue par le public.

- Liés à la transmission du virus.

Ces dégâts sont graves. Une virose est une maladie généralisée et incurable, qui freine le développement, réduit le rendement, altère l’aspect des végétaux. Elle se manifeste par des décolorations des feuilles et des fleurs, des déformations (possibles sur tous les types d’organes), des nécroses.

La transmission du virus est réalisée par les insectes et quelques individus suffisent pour être à l’origine de la contamination d’une parcelle.

Le risque est amplifié lorsque les pucerons vecteurs sont polyphages et susceptibles d’héberger plusieurs virus. Le Puceron vert du pêcher est capable de transmettre environ 120 maladies à virus sur les cultures potagères variées (betterave, concombre, laitue, haricot, pois ….).

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