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Parmi les insectes, les pucerons forment le groupe le
plus important sur le plan agronomique. Environ 700 espèces sont
connues en France sur les plantes cultivées.
Ils
sont uniquement phytophages et possèdent des caractères
biologiques qui en font des ravageurs majeurs des cultures.
1.
Description.
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Les pucerons sont des insectes très communs, souvent groupés en
colonies populeuses sur les pousses ou au revers des feuilles.
Leur corps est mou, le plus souvent globuleux de 1 à 4 mm
de long, exceptées quelques espèces telles le gros puceron du
saule ou certains pucerons des conifères qui peuvent dépasser 5mm.
Les pucerons ont de grandes antennes et pour la plupart présentent
de chaque côté de l’abdomen de petites protubérances tubulaires
caractéristiques, les cornicules.
Ils
sont de couleurs variées : vert, jaune, brun, noir, gris,
mauve, rose ou rouge. Quelques espèces sécrètent une cire blanche
qui recouvre les colonies d’une masse duveteuse, ce qui leur vaut
le nom de pucerons lanigères.
Les
colonies sont formées de pucerons aptères (sans ailes) au sein
desquelles apparaissent dans
certaines conditions des insectes ailés. Les larves sont identiques
aux individus aptères, mais plus petites.
Très répandus dans la nature, les pucerons sont
susceptibles, toutes espèces confondues, de se développer sur
toutes les catégories de végétaux et de coloniser tous les types
d’organes. Le plus souvent observés sur des organes
tendres, pousses, bourgeons, feuilles, boutons floraux, fleurs,
épis, tiges, ils peuvent aussi vivre sur des organes lignifiés,
rameaux, branches ainsi que sur des racines.
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2.
Biologie.
Modalités
de nourriture
Les
pucerons se nourrissent uniquement aux dépens des végétaux.
La morphologie de leur appareil buccal leur permet d’effectuer des
piqûres dans les tissus et de puiser la sève élaborée dans les
vaisseaux de la plante. Une sécrétion de salive accompagne la
piqûre. Celle-ci est introduite dans les tissus et peut
engendrer une réaction de la plante.
Production
de miellat
La
sève, unique source alimentaire du puceron,
est très riche en sucre (de 10 à 25% de saccharose) et pauvre en
protéines. Les pucerons en absorbe une grande quantité pour
subvenir à leurs besoins en protéines. Les substances non assimilées,
entre autres le sucre apporté en excès, sont éliminés par
l’anus et constituent le miellat, liquide sucré, collant,
qui s’étale à la surface des organes attaqués.
Transmission
de virus
Les
virus des végétaux sont,
dans leur très grande majorité, transmis par des vecteurs,
notamment par des insectes, au sein desquels les pucerons
occupent une place de premier plan.
La
contamination d’une plante peut se réaliser par simple contact
des tissus sains avec des pièces buccales polluées à la faveur de
piqûres effectuées sur une plante virosée. Dans ce cas le pouvoir
infectieux du puceron est fugace (une heure au plus).
D’autres
modalités de transmissions relèvent de relations intimes
virus-puceron qui mettent en jeu un processus de concentration ou de
multiplication du virus dans le corps de l’insecte. Selon les
modalités en cause le pouvoir infectieux du puceron ne peut durer
que quelques heures à quelques jours ou toute la vie du puceron et
dans quelques cas être transmis à la descendance (virus de la Mosaïque,
Tristeza des agrumes, Jaunisse occidentale de la betterave (grave
sur la laitue)).
Cycle
biologique
Les pucerons ont un cycle biologique complexe. Il se
déroule en plusieurs étapes au cours desquelles apparaissent des
individus aux fonctions biologiques différentes.
De plus, il peut se compliquer d’une évolution facultative
ou obligatoire sur plusieurs plantes hôtes.
Sur
le plan biologique se distinguent deux catégories de pucerons :
Les
espèces qui effectuent leur cycle sur la même espèce de plante hôte
ou sur des espèces très voisines (même genre, même famille),
Exemple :
le Puceron vert du pommier.
- Le puceron
hiverne à l’état d’œufs déposés en masse sur les rameaux de
l'année.
- Au printemps
ces œufs éclosent au moment du débourrement. Devenues adultes
les larves deviendront des femelles aptères aptes à se multiplier
par parthénogénèse (sans fécondation) et à donner naissance par
viviparité à d’autres femelles aptères parthénogénétiques à
grande fécondité. Plusieurs générations d’individus identiques
aboutissent à la formation de colonies populeuses. Ces pucerons se
réunissent en manchons compacts de plusieurs centaines
d’individus à l’extrémité des pousses. La croissance des
rameaux est entravée, les feuilles s’enroulent et se gaufrent.
- A partir du
mois d’avril et jusqu’en juillet, sous l’effet de la
densité des populations et des conditions climatiques, vont
apparaître des individus ailés. Aidés par le vent, ils vont
assurer la dispersion de l’espèce sur d’autres pommiers ou
sur d’autres rosacées de la même famille et fonder
d’autres colonies. Du printemps à l’automne se succèdent
environ 10 à 12 générations
- A
l’automne apparaissent des mâles et des femelles sexuées. Après
accouplement celles-ci
vont pondre
des œufs qui hiverneront.
La
majorité des pucerons (environ 85%) sont ainsi inféodés à une ou
quelques plantes hôtes.
Autres
exemples : le Phylloxera de la vigne, le Phylloxera du chêne,
le Puceron des pousses du rosier, le Puceron cendré du chou.
Les
espèces dites migrantes dont le cycle complet doit se dérouler sur
deux plantes hôtes ou deux groupes de plantes hôtes
botaniquement différentes.
Exemple :
le Puceron cendré du pommier.
La
première partie du cycle est similaire à celle du cycle du Puceron
vert du pommier, le pommier étant l’hôte primaire.
- Les individus ailés apparaissent de fin mai à fin juillet
et émigrent sur des plantains hôtes secondaires, alors que
sur les pommiers les colonies disparaissent. Plusieurs générations
parthénogénétiques s’y succèdent.
- De nouveaux pucerons ailés apparaissent de septembre à
novembre et effectuent une
migration de retour sur le pommier. Ils seront à l’origine de la
ponte des œufs qui hiverneront.
- Dans ce cas, la dispersion du ravageur sur les autres
pommiers est fortuite, elle est assurée, au printemps, de pommier à pommier, par le transport de
formes aptères (larves ou adultes) grâce au vent.
Quelques
autres exemples :
Le
Puceron vert du pêcher - hôte primaire : le pêcher,
hôtes
secondaires: une foule de plantes potagères, florales etc.…
Le
Puceron noir de la fève - hôtes primaires : le fusain
d’Europe, la boule de neige, le seringat,
hôtes
secondaires : 200 environ, plantes maraîchères, florales,
betteraves, fèves...
Le
Puceron du pétiole du peuplier - hôte primaire : le
peuplier,
hôtes secondaires : les racines des laitues et des chicorées.
Cas
particuliers.
Dans
certaines circonstances divers pucerons peuvent passer l’hiver
sous la forme de femelles aptères parthénogénétiques.
Les
températures létales et les températures minimales de développement
des pucerons étant assez basses (4°C pour le Puceron vert du pêcher),
certaines espèces peuvent se maintenir sur leur hôte, voir se développer
sous leur
forme parthénogénétiques dans les régions à hiver doux (sud de
la France, bordure atlantique).
La
multiplication asexuée de ces espèces sera plus précoce et plus
rapide que par l’intermédiaire de la reproduction sexuée.
Elle représente un risque accru pour les cultures, notamment pour
les plantes potagères et florales.
Dans
d’autres cas, nous observons une adaptation définitive du cycle
liée à la rareté ou l’absence de l’hôte primaire ;
c’est le cas du Puceron de l’échalote et du Puceron lanigère
du pommier ; ce dernier, originaire d’Amérique du Nord, n’a pas retrouvé en Europe son hôte primaire
l’orme américain. Sur notre continent, il vit sur ses hôtes
secondaires, essentiellement le pommier et sur quelques autres Rosacées
arbustives ornementales (aubépine, cognassier du Japon, cotonéaster…)
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