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Où
faire des plants ?
L’idéal,
serait bien sûr une serre hors gel… à défaut une serre
froide, un châssis et, si l’on est dépourvu de ces moyens,
il faut envisager de se rapprocher de la maison où les coins
favorables ne manquent pas.
Devant
la fenêtre de l’atelier ou du garage, dans la véranda,
dans l’embrasure des fenêtres, qu’elles soient
d’escalier, de salle d’eau ou de chambre, dans un grenier très
éclairé …étant entendu, que ces pièces ne doivent pas être
surchauffées, mais plutôt fraîches, entre 15 et 18° car notre
problème n’est pas de faire pousser vite pour devoir cultiver à
l’intérieur mais bien de disposer de plants solides pour être
repiqués ou transplantés dans le potager, cette dernière opération
ne pouvant se faire en toute sécurité que vers la mi-mai.
Dans
un local tempéré, bien éclairé et pas seulement par un châssis
de toit qui tirerait nos plants vers le haut mais, de préférence devant
une fenêtre, tout en évitant si possible le soleil direct qui a
tendance à brûler.
J’ai
la chance de posséder maintenant une serre froide, d’environ 6m²
et c’est à partir de ma petite expérience pratique, que nous
allons envisager la production de quelques plants.
J’ai
débuté les plants dans l’embrasure d’une fenêtre et même de
plusieurs fenêtres alors, que l’absence d’équipement spécialisé
ne vous arrête pas.
Libre
à vous d’imaginer et
de mettre en œuvre une solution adaptée à vos possibilités pour
obtenir un résultat.
Sortie
prévue à la mi-mai, le compte à rebours est lancé
qui entraîne la question suivante :
Quand
semer ?
Je
vous ai déjà parlé du carnet de culture ou de jardin … il vous
aidera à caler votre point de départ au fil des saisons. Il ne
faut pas seulement noter les points de départ, il faut également
les critiquer : était-ce trop tôt ou trop tard ?
A
défaut, consultez un guide de culture ou bien un calendrier lunaire
mais ces ouvrages très généraux, établis pour la France, doivent
être adaptés à notre terroir qui est d’ailleurs très varié.
Un correctif régional est parfois mentionné qui donne globalement
deux semaines d’avance à notre région. A vous d’établir votre
correctif, en pensant bien que le résultat obtenu une année,
n’est pas forcément reconductible.
D’une
manière très générale, ces semis peuvent être commencés dès
la mi-février et seront poursuivis jusqu’en mars.
L’objectif
final est d’être prêts à temps.
Quels
légumes ?
Quels
sont les plants que vous achetez ?
Quelles
sont les plantes que nous transplantons ou repiquons le plus souvent ?
En
majorité, les « légumes fruits » par ailleurs
frileux, très sensibles à la température :
Tomates,
aubergines, poivrons, piments, courges diverses, melons, concombres,
potimarrons, citrouilles variées, coquerets etc. …
Nous
pouvons également envisager des
semis de légumes tels que céleris, fenouils, choux variés,
salades, poireaux etc. …
D’une
manière générale, tous les
légumes qui se repiquent ou se transplantent.
Il
ne faut pas oublier non plus les fleurs, qui seront incorporées au
potager pour la décoration mais aussi pour la défense des
cultures.
Il
est à noter, que les plants sont mis en vente très tôt, bien
avant que les conditions météorologiques et spécialement la température
soient favorables à une culture en plein
air.
Sur
les marchés, dans les grandes surfaces, dans les magasins spécialisés,
nous trouverons nombre de plants, prêts à être transplantés ou
repiqués, mais nous n’y trouverons pas, à moins d’un miracle,
la variété originale que nous souhaitons faire pousser et puis goûter.
Je
n’ai pas encore vu de tomates ’Roses de Berne’ qui passe pour
l’une des meilleures ni de melons ‘Petits gris de Rennes’
délicieux produit régional, sur les présentoirs des
vendeurs de plants.
Malheureusement,
la place dont nous disposons , dans la majorité des cas, est
limitée et de ce fait, notre choix doit être très sélectif.
Nous
réserverons donc nos semis d’avant saison, d’abord à des
produits peu communs, étant entendu que rien ne nous empêche par
ailleurs de concurrencer la production traditionnelle, ne serait-ce
que pour se faire la main, sans parler de l’aspect financier.
Comment
faire ?
Je
me bornerai ici à décrire la méthode que j’utilise, méthode
que je souhaite simplement pratique et efficace.
J’utilise
de petits godets de plastique de récupération, qui devraient
en principe avoir été désinfectés avant réemploi.
Remplis
de terreau pour semis, légèrement tassé, ils sont rangés dans
des paniers ou barquettes, par six ou plus. Cette mise en
barquettes, n’a rien à voir avec le mode cultural mais facilitera
les manutentions qui seront nombreuses.
Pensez aux étiquettes avant de
commencer !
En
effet, il est bon d’étiqueter, soit la barquette, si elle
contient une seule variété, soit chaque godet si les paniers reçoivent
plusieurs variétés ou espèces.
Que
mettre sur l’étiquette ?
Le
nom de l’espèce, le
nom de la variété, et la date d’opération exemple :
Tomate Montfavet, S (pour semis) 12 / 2 en laissant une petite place
pour d’autres indications à venir telles que L (levée) R (rempoté
ou repiqué) Ces dernières mentions sont facultatives sur l’étiquette
mais peuvent figurer sur votre carnet de jardin.
Pour
la mise en place de la graine, dont la saisie est parfois problématique,
j’utilise un genre de pince à épiler ,et je dépose
deux graines par godet, vers le milieu de celui-ci, séparées
d’environ 1 cm.
L’enfouissement
est variable, suivant la taille de la graine, d’environ 5mm pour
de la tomate sans pour autant dépasser 1 cm pour les plus grandes
telles que celles des courges
Si
les deux graines germent, à la levée des plants, je supprimerai le
plus grêle qui est généralement le dernier, ou le moins bien formé,
pour ne conserver qu’un plant par godet.
Cette
méthode peu paraître dispendieuse, mais elle présente l ‘avantage
de permettre une sélection à priori et donne l’assurance
d’avoir un plan par godet, à moins d’utiliser des graines dont
la durée de vie est largement dépassée.
La
durée de germination est propre à chaque espèce, mais est
influencée par l’humidité. En excès il y a risque de pourriture
et en manque, il y a pour le moins allongement de la durée
de germination, voir échec si le processus à été interrompu.
Le
maintien de l’humidité sans excès durable, sera primordial pour
la croissance des bébés plantes.
Il
n’est pas question d’arroser les godets un à un
aussi, j’ai contourné cette difficulté en utilisant des
bacs étanches, dans lesquels j’organise une rotation des
barquettes.
Un
bac de trempage qui assure 1
à 2 cm de liquide au pied de chaque godet et permet de les gaver
d’eau par capillarité
et à côté, des bacs
d’égouttage.
Le
séjour en bac de trempage est assez court, d’une demi-heure à
quelques heures suivant la température ou l’occupation, tandis
que le séjour en bac d’égouttage peut aller à plusieurs jours
en fonction de la température, de l’humidité apparente du
terreau, de l’aspect du plant et particulièrement de la rigidité
et de la couleur des feuille.
Si
les feuilles ont tendance à devenir pendantes, il est grand temps
de donner à boire à ces plantes. Dans la mesure du possible, il
vaut mieux ne pas attendre que les plantes réclament, sans tomber
dans l’excès.
Concernant
les bacs étanches, j’ai détourné de leur fonction d’origine,
des couvercles de bacs à rangement dits ‘de 54 litres’ achetés
dans un magasin de bricolage.
Ils
font environ 40 cm par 55 cm, pour une profondeur de 5 cm.
Cette
méthode est extrapolée des bacs de présentation observés dans
les rayons jardin.
Ces
bacs, propres et lessivables, peuvent très bien convenir pour
l’intérieur d’une maison
Faire
ses plants, quelle que soit le mode opératoire retenu, c’est rendre
au moins deux visites par jour à ses bébés car outre
l’arrosage, il faut également veiller à ce que la température
ne devienne pas excessive, donc aérer puis refermer à l’approche
du soir, c’est également la chasse aux parasites, qu’ils soient
pucerons, mouches ou petites limaces grises.
Autres
matériels
En
variante aux petits godets plastiques recyclés, il existe des
presses manuelles qui permettent de faire un à un des cubes de
terreau de 4 cm de côté appelés mottes, dans lesquels vous
pouvez semer. Ces mottes, sont à ranger dans des barquettes à
fonds pleins mais percés, plutôt que dans des barquettes à fonds
ajourés.
Autre
variante aux godets plastiques, la fabrication de godets en
papier journal de
6 cm de diamètre, au moyen d’un outil manuel en bois.
Godets
en fibre, dite bio dégradable, qui sont mis en terre avec le
plant : solution beaucoup plus chère . Un investissement
plus élevé, sans aucun réemploi. A noter par ailleurs que vous ne
verrez pas ou peu les racines de vos plants et que vous ne saurez
jamais a quel moment celle-ci
seront au contact de la terre après transplantation. Je n’ai en
la matière aucune expérience et ne suis pas attiré par ce
produit.
Les
plaques alvéolées , dont les alvéoles sont à remplir de
terreau : cette solution est pour moi réservée à des semis
en quantité, (au delà de six unités) par exemple choux , salades,
fleurs (œillets d’inde) et pour des plantes moins délicates que
les légumes fruits.
Certains
semis, seront effectués en barquettes et particulièrement pour les
poireaux, les oignons blancs etc.
Une grosse difficulté réside dans la répartition des
graines et certains grainetiers offrent la possibilité d’acheter
des tapis pré-semés
par ailleurs biodégradables, qui seront appliqués sur le
terreau et assurent une répartition
régulière des graines.
Egalement,
il existe des graines enrobées ou des graines en rubans (papier
bio-dégradable). Les conditionnements de capacités différentes
(exemple : 200 graines de poireau enrobées ou 2 fois 4 ml de
ruban), sont plus chers d’environ 50 % par rapport aux sachets
traditionnels. La quantité de graines est sans commune mesure mais
le service se paye.
Les
graines enrobées intéressent tous les semis, barquette, châssis
ou pleine terre, tandis que les graines en rubans s’adressent plutôt
au châssis et à la pleine terre.
Les
barquettes sont généralement de récupération, prévues
d’origine pour la culture ou détournées de leur usage habituel
telles que les barquettes alimentaires en polystyrène.
Dans
ce dernier cas, vérifier qu’elles sont percées pour éviter
l’eau stagnante. Il est à noter que le procédé d’arrosage
sera différent de celui employé pour les godets.
Les
châssis maraîchers, sont
d’un emploi légèrement différent.
Si
leur préparation est bien faite, ils seront en principe un peu plus
chauds qu’une serre froide.
Ils
sont plutôt réservés aux semis en ligne, peuvent convenir aux
repiquages intermédiaires, mais imposent un repiquage à racines
nues.
Heureusement,
rien n’empêche d’y préparer aussi des plants en godets.
La serre tunnel, qui peut servir à l’élaboration de plants et
/ ou à la culture forcée est comparable à une serre froide,
dimensions mises à part.
Michel Belloche section potager 22 janvier 2005
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