Société d'Horticulture du   

                          Pays d'Auray

Création d'un potager : 

       Préparation du sol, outillage et méthodes

                                                                                                                 Conférence de Michel Belloche le 23 septembre 2006

Décompactage superficiel

Le plus tôt possible, il vous faudra le décompacter en surface, que ce soit au moyen d’une griffe, ou d’un motoculteur, de telle sorte que l’herbe soit désolidarisée du sol et que les végétaux trop importants pour être enfouis soient arrachés.

Ce griffage, peut s’avérer utile, dans un potager au repos, plus ou moins envahi par des végétations parasites.

 

Certains pourront y aller à grandes rasades de désherbant mais ce n’est pas recommandé, voire déconseillé et même interdit, surtout en période humide et sans que je sois un vert très pointu, cette méthode, ne me parait pas très respectueuse de l’environnement.

Une méthode de désherbage, consiste à étendre une bâche opaque sur le sol à traiter, pour tuer les herbes par privation de lumière. Il faut s’y prendre au moins trois semaines à l’avance.

 

Le bêchage ou labour

Qu’il soit manuel ou mécanique , ce labour à pour but d’enfouir les herbes et le fumier   et de rendre le sol plus souple à travailler, moins compact, ce qui permettra aux plantes, issues de semis ou de repiquage, de s’enraciner plus facilement et rapidement.

Suivant les spécialistes, les éléments actifs de la terre, bactéries  et éléments nutritifs se situent dans les 20 premiers cm ce qui conduit à dire qu’il n’est pas utile de défoncer le terrain plus profondément.

Je remarque cependant que l’agriculture traditionnelle dépasse allègrement les 20cm.

J’ignore toujours si je sais bêcher dans les règles de l’art aussi, je continuerai de retourner la terre en petites rangées profondes comme le permet le fer de mon outil, que ce soit une bêche ou une fourche bêche, pour ne pas trop bousculer les actifs du sous sol mais surtout limiter  la fatigue car elle vient vite.

Quels outils ? ma faveur va à la fourche bêche qui passe facilement dans tous nos terrains et qui permet de faire des coupes droites aussi réussies qu’avec une bêche.

Cette dernière, ne sera réellement utile que si vous un sol très sableux.

Enfin, le râteau sera un auxiliaire utile pour le parachèvement  du bêchage, égalisation, brisage des dernières mottes, ramassage des éléments indésirables, cailloux ou autres.

 

Et puis il y a les engins mécaniques et là, surtout dans le cas d’enfouissement de végétaux ou de fumier, le brabant sera supérieur à la fraise et le passage successif des deux  procédés sera idéal.

 

Enfin, un autre procédé d’ameublissement de sol existe, avec la grelinette, pour lequel je ne dispose d’aucune connaissance ou expérience. Ce procédé consiste à décompacter le sol en agitant un outil dont les dents sont enfoncées dans le terrain . Cette méthode remplace le retournement par bêchage mais il n’est plus question d’enfouissement des herbes, fumier ou engrais vert.

Les bactéries, ou autres micro organismes, qu’ils soient aérobies ou anaérobies restent à leur étage de travail, sans subir « le grand dérangement » d’un bêchage. Alors ?

 

 

Enrichissement du sol

Dans l’absolu, il serait bon de faire analyser  votre terre pour connaître sa composition exacte, et surtout ses faiblesses mais dans la pratique, et cela fonctionne depuis …. Bien bien ..  longtemps, vous vous contenterez généralement de l’améliorer de manière empirique

 

Nous cultivons une couche de terre plus ou moins noire, dite terre arable, qui est  plus ou moins épaisse suivant les sites. Cette terre arable, est la partie supérieure du sol, altérée et teintée  par les débris de végétaux également appelés humus.

C’est précisément cet humus qu’il va falloir renouveler car il contient les éléments nutritifs nécessaires aux  plantes.

Fumier

Nos anciens, sans laboratoires, mais par la simple observation, l’avaient bien compris et ils utilisaient le fumier de leurs étables et écuries.

Par là ils faisaient coup double : éliminations du fumier et enrichissement de la terre.

Pour une fumure de base, il est possible d’épandre 4 à 5 kg au m², soit environ  une brouette pour 8 à 10 m²

Le stockage  et la préparation  du fumier doivent en théorie être fait en respectant certaines règles, stocker en tas compacts, éventuellement bâchés pour éviter la pluie qui va laver l’azote, et garder ces tas un certain temps pour que la décomposition  commence la transformation du fumier en humus.

 

 

Compost

A défaut de fumier, le compost sera le bienvenu mais sa production est limitée, par la surface de terrain que vous entretenez. Pour ceux qui pourraient l’ignorer, le compostage, consiste à entasser les déchets de végétaux provenant des tailles, nettoyages , feuilles mortes et autres, dans une fosse ou un silo pour assurer leur pourrissement. Les branchages devront d’abord passer dans le broyeur de végétaux.

Il faudra veiller à maintenir le tas humide, pour ne pas stopper le processus de décomposition et au bout de neuf à douze mois, le compost sera prêt à l’emploi.

 

Engrais chimiques

Les compléments chimiques, ou engrais,  sont composés d’azote, symbole N, d’acide phosphorique symbole P et de potasse, symbole K en proportion variable suivant le type d’engrais et les fabricants.

 Leur composition est indiquée par trois chiffres  tels que : N P K 12-12-17, ce qui signifie  12% d’azote, 12% d’acide phosphorique, 17% de potasse plus parfois d’autre ingrédients (oligo-éléments).

 Les trois chiffres caractéristiques, qui mentionnent les produits de bases indispensables expriment des pourcentages et leur somme n’est jamais égale à 100. Doses d’utilisation 110 à 160 gr par m², en deux passages soit un sac de 25 kg pour 150 m² et par an.

Dans la mesure du possible, demander une fiche technique du produit, composition, doses d’utilisation etc. et quant aux doses d’utilisation, bien les considérer comme des doses maximum, les fabricants ayant d’abord intérêt à écouler leurs produits.

 

Engrais organiques

Divers engrais organiques sont commercialisés  sous forme de produits déshydratés, là encore se procurer la fiche technique, si elle ne figure pas sur l’emballage.

Que ces engrais soient chimiques ou organiques, il faudra penser budget

 

Engrais verts

Autre méthode d’enrichissement du sol,  très prisée à l’heure actuelle et même par l’agriculture raisonnée : les engrais verts.

Cette méthode consiste à utiliser des plantes riches en azote. A semer après avoir fait vos récoltes, de manière à ne pas laisser le sol nu, livré aux herbes.

Ces plantes à croissance rapide, seront après fauchage puis un bref séchage sur le sol, enfouies dans celui-ci.

Ces engrais verts , tels que la moutarde, la bourrache, le trèfle incarnat  etc. me paraissent délicats d’emploi dans de petits potagers, les cultures ne s’achevant pas toutes en même temps, ce qui imposera de travailler sur de très petites surfaces.

 

Acidité du sol

L’acidité des sols dans nos régions est très importante et périodiquement, vous aurez intérêt à la contrôler.

Pour cela, des papiers réactifs simples d’emploi et de lecture, sont vendus, soit en boutique spécialisées, soit en pharmacie.

Un apport de chaux  corrige les excès d’acidité. De même, cette chaux est bénéfique dans les terres lourdes, argileuses quelle tendrai a rendre plus grumeleuses, moins compacte et également plus perméable. L’apport de chaux n’est pas nécessaire tous les ans  et certaine plantes, telle la pomme de terre préfèrent les sols acides.

Enfin, le chaulage ne doit pas se faire en même temps que la fumure ou l’apport de compost, les actions étant en opposition. L’automne est la meilleure période pour le chaulage.

 

Calendrier

Aucune des tâches du jardinier ne se fait au hasard, et à défaut d’un calendrier précis, il est nécessaire de respecter une périodicité qui prend en compte le rythme végétatif de notre région et les besoins qui en découlent.

L’ensemble des travaux que nous venons d’évoquer préparation du sol et enrichissement, devront être faits avant plantation et donc, deux périodes principales se dégagent :

Préparations d’automne pour ail oignons échalotes (encore faut-il que votre terrain soit perméable et peu fumé)  et petits pois, pour ne citer que les principaux, en octobre

Préparations de printemps pour tous semis, de fin février à fin avril.

En la matière, il n’y a rien d’absolu le plus tôt est le mieux, sans pour cela tomber dans l’excès, mais surtout, ce sont votre terrain et le caractère de la saison qui commandent ensemble.

Ainsi, dans un terrain à dominante argileuse et par une saison pluvieuse, les travaux débuteront beaucoup plus tard que si votre sol est très drainant et la saison pas trop mouillée.

Dans tous les cas soyez patients, et observateurs.

 

Ce très rapide survol des problèmes qui peuvent se poser , lors de la création d’un potager, et  durant son exploitation, n’a pas la prétention d’apporter des réponses à toutes vos attentes  mais bien plus de servir d’approche, les critères à retenir sont nombreux et toujours différents.

 

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Les photos de cette page proviennent de l'ouvrage 'Comment on soigne son jardin' par Georges Truffaut (12ème édition)

 

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