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On
se plaint de plus en plus de ces étés secs avec des jardins qui
doivent subir les ardeurs du soleil et les effets de la sécheresse.
Pourquoi ne pas créer un jardin d’ombre où les coloris des
feuillages et des floraisons sont souvent bien plus subtils ?
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| Le jardin du Petit-Bordeaux (à gauche) et
Kerdalo (ci-dessus) |
Plaidoyer
pour un jardin d’ombre
Avez-vous
remarqué combien les jardins sont plus beaux lorsqu’ils ne sont
pas écrasés par le soleil ? En été, c’est le matin et le
soir ou lorsqu’il tombe une petite pluie fine que les couleurs
sont bien plus subtiles. A mon avis, un jardin de plein soleil
manque souvent de caractère aux heures chaudes de la journée. Tout
jardinier qui photographie des jardins sait que les photos sont bien
meilleures tôt le matin ou en fin de journée. Quant aux photos de
fleurs, elles sont beaucoup mieux réussies à mi-ombre quand elles
ne sont pas écrasées de lumière.
Dans
un jardin, il est intéressant, voire impératif, d’avoir une
partie ensoleillée, un coin à mi-ombre et quelques endroits à
l’ombre. Et si cette dernière n’existe pas, il faut la créer.
Pourquoi
un jardin d’ombre ?
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Sous les climats chauds, c’est une nécessité. En été, la
chaleur appelle à la sieste… sous un arbre. Etre au jardin,
c’est aussi profiter d’un peu de repos en lisant sur un banc…
à mi-ombre.
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Mais c’est aussi une nécessité pour les plantes. A l’ombre, les
plantes sont mieux protégées de la sécheresse et de la déshydratation
en été (les arrosages sont plus espacés) et du gel en
hiver. A noter que c’est pour cette raison que l’on place
toujours les boutures dans un coin ombragé.
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Sans ombre, on se prive de toute une palette de végétaux dont
les fougères, les plantes de sous-bois ou les vivaces d’ombre.
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On peut réaliser des compositions permanentes toute l’année
en jouant, par exemple, avec
les feuillages persistants de certains arbustes, des fougères ou
des vivaces telles que les hellébores.
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En été particulièrement, un coin à l’ombre garde un aspect
luxuriant et verdoyant (les verts sont bien mis en valeur et
donnent une impression de fraîcheur et de bien-être).
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Au printemps la végétation démarre plus tardivement :
les dégâts dus aux gelées sont diminués.
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Certaines couleurs sont mises en valeur : le vert est plus
vert et le blanc plus lumineux.
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Les floraisons sont moins éclatantes mais bien plus subtiles.
On préférera les tons pastels.
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A mi-ombre, les jeux de lumière créent un tableau qui évolue
au fil des saisons mais aussi dans une même journée avec la
rotation du soleil.
Quand
l’ombre pose des problèmes…
| Au
pied des arbres : Le problème est bien sûr lié à la
concurrence des racines (principalement à la périphérie de
la cime) surtout si celles-ci sont superficielles (bouleau…). Les
plantes risquent vite de manquer de nourriture et d’eau. Lors
de la plantation, ameublissez le sol sans couper les grosses racines
de l'arbre. Après la plantation, il est impératif de bien arroser
mais également de surveiller l’arrosage jusqu’à la reprise. Il
est évident qu’un paillage avec des matières organiques
(compost, feuilles mortes, copeaux de bois…) sur une bonne épaisseur
s’impose au moins à chaque printemps. |
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Les jardins Agapanthe |
On
pourra mettre des plantes de sous-bois (lierre, Epimedium,
pervenche, Aegopodium, Lamium,…).
Sous les arbres caducs, on préfèrera planter des bulbes (crocus, narcisse, anémone blanda, ipheion, perce-neige…) et des vivaces (Ajuga
reptans, hellébore, primevère…) à floraison printanière avant
que le feuillage ne recouvre, plus ou moins, l’espace.
Quelques
autres vivaces : Cimicifuga simplex ‘White Pearl’, Geranium
macrorrhizum ou phaeum, Liriope, Montia sibirica, Waldsteinia…
Si
vraiment le résultat est décevant, on peut compléter en
plaçant des potées de vivaces (hostas, fougères…).
L’ombre
sèche : C’est une situation très délicate que
l’on trouve tout particulièrement :
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Sous les arbres (voir paragraphe précédent)
- Près
d’une haie et particulièrement de conifères :
si possible, on plantera à plus d’un mètre de la haie si
celle-ci est âgée et cela pour éviter d’entrer en concurrence
avec les racines.
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Dessous des escaliers et balcons : peu de plantes s'y
plaisent. On pourra toutefois tenter des lierres.
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Au pied des murs : s’il n’est pas conseillé de planter
trop près d’un mur, car il absorbe l’humidité, si bien que la
terre est désespérément pauvre et sèche, il ne faudra toutefois
pas oublier que l’exposition nord derrière un mur reste une
situation bien plus intéressante qu’on ne le pense généralement
(pour les plantes sensibles au gel et celles qui aiment la fraîcheur
l’été).
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Contre
un mur au nord, privilégier les floraisons d'hiver ou de début
de printemps (bulbes et vivaces): perce-neige,
epimedium, hellébore,
campanule, hosta... Certains arbustes s'y plaisent très bien :
camellia, hydrangea, jasminum
nudiflorum... Faites grimper sur le
mur un Hydrangea petiolaris ou un Hydrangea seemanii qui est
persistant.
Hydrangea petiolaris |
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Pour
toutes ces situations, rappelons qu'il sera judicieux de planter
à l'automne car les plantes pourront bénéficier des pluies et
auront le temps de s'installer avant l'arrivée du printemps.
Avant de planter, ne pas oublier de tremper la motte pour qu'elle se
gorge d'eau. Puis arroser copieusement et pailler.
On peut
créer son jardin d’ombre
Certains
jardiniers se désolent de n’avoir dans leur jardin que des
endroits ensoleillés où sévit la sécheresse l’été. Mais on
peut créer de toute pièce des coins d’ombre en plantant des
arbres et des arbustes. Bien sûr, si l’on se contente de
planter des haies uniquement sur le pourtour du terrain, les espaces
ombragés seront limités. Par contre, si les endroits arborés,
plus nombreux, ont des formes plus variées, on multiplie les zones
d’ombre.
Planter
sous un grand arbre déjà installé pose parfois des problèmes,
car les végétaux ajoutés devront, de gré ou de force,
s’adapter. Il est bien plus simple de planter un arbre jeune et
les végétaux qui recouvriront le terrain en même temps. C’est
en tout cas fortement conseillé si l’on veut créer un décor
avec un bouleau comme centre de la scène.
Impossible
de citer tous les arbres de petite ou moyenne grandeur, aussi me
contenterai-je de ne citer que ceux qui sont d’un grand intérêt
et… que j’aime particulièrement !
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Quelques
arbres à feuillage ou écorce décorative
Acer
(ils sont tous plus beaux les uns que les autres…), Betula
(les bouleaux avec le tronc plus ou moins blanc), Gleditsia
triacanthos (‘Sunburst’ au feuillage jaune, ‘Rubylace’
au feuillage rouge), Catalpa bignonioides ‘Aurea’, Morus
Kagayamae, Sorbus
(aria…) etc.
Le tronc décoratif de l'Acer griseum |
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Le feuillage jaune du
Gleditsia triacanthos 'Sunburst' |
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Quelques
arbres à floraison ou fructification décorative
Amelanchier,
Cercis (L’arbre de Judée C. Siliquastrum, C. canadensis
‘Pansy Forest’ au feuillage pourpre), Koelreuteria
paniculata (le savonnier à la floraison jaune de juillet), Laburnum
x watereri ‘Vossii’ (Cytise), les Magnolias, les Malus
(les pommiers d’ornement), les Prunus (les cerisiers à
fleurs) etc.
La floraison du Cercis canadensis 'Forest Pansy' |
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Malus 'Everest' |
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Prunus 'Accolade' |
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Entretien
des plantes d’ombre
Bien
sûr il faudra désherber, tailler… mais on veillera tout
particulièrement à :
la
fertilisation : Si, les premières années, on pourra
apporter de l’engrais au printemps pour les plantes les plus
exigeantes, le plus important est d’obtenir un sol aéré, restant
frais et riche en humus. Pour cela, il faudra recouvrir le sol de
matières organiques : compost-maison, feuilles mortes, fumier,
fougères broyées… Bien entendu, à l’automne, là plus
qu’ailleurs, on répandra des feuilles mortes, ce qui donnera un
petit air de sous-bois sympathique (si on ne veut pas répandre des
feuilles entières ou qui se décomposent plus ou moins bien, on
pourra les broyer au préalable avec… la tondeuse à gazon).
l’arrosage :
Si l’on doit arroser, il est préférable de le faire peu souvent
mais généreusement.
Mais
l’important est de choisir des plantes en fonction de leurs
besoins en eau :
pour un sol restant frais, des plantes gourmandes en eau :
Hosta, Astilbe, Rodgersia, Gunnera, fougères etc.
pour un sol sec : Cyclamen
hederifolium, lierre,
pervenche etc.
Alain
D. le 19 mai 2007
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