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Les
monilioses, redoutables maladies des arbres fruitiers à noyaux et à
pépins affectent aussi de nombreuses espèces florales. Une vingtaine
d’espèces de Monilia peut se développer sur des végétaux
appartenant essentiellement à la famille des Rosacées. Les espèces les
plus fréquentes en France sont Monilia fructigena et Monilia
laxa, dont les attaques peuvent nuire à la qualité décorative des
espèces ornementales et conduire à une perte de récolte chez les
espèces fruitières.
Symptômes et dégâts
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Sur les bourgeons: les Monilia peuvent se
développer dès le départ de la végétation et détruire un certain
nombre de boutons floraux.
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Sur les bouquets floraux: le symptôme le plus
spectaculaire est le flétrissement brusque de l’ensemble des bouquets
floraux et des jeunes feuilles d’un rameau, d’une branche entière,
parfois de l’ensemble de l’arbre. Tous ces organes flétrissent,
brunissent, se dessèchent et restent fixés au rameau. Par temps humide
les fructifications de ces champignons se forment rapidement : petits
coussinets de quelques mm, fauves pour le Monilia fructiqena,
gris pour le Monitia laxa.
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Sur rameaux: à la suite de l’envahissement des
fleurs, le champignon progresse sur les parties ligneuses. Les rameaux
se dessèchent, les branches aussi, parfois sur plusieurs dizaines de
cm, ou portent des lésions rougeâtres. Les espèces à noyaux réagissent
souvent à ces lésions par un écoulement gommeux. Les Monilia
peuvent fructifier sur toutes les parties hébergeant le champignon.
Ces destructions plus fréquentes sur les essences à noyaux que sur les
fruitiers à pépins, entraînent une diminution substantielle de la
récolte, pouvant aller jusqu’à la perte totale de fruits. Sur les
Prunus ornementaux, une attaque de Monilia peut causer la
destruction complète de la floraison. Les cerisiers japonais à fleurs
(entre autres espèces, sensibles), en subissent particulièrement les
dommages.
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Sur les fruits: les monilioses peuvent se
manifester à toutes les étapes de la croissance des fruits. Les jeunes
fruits se déshydratent, se ratatinent et restent accrochés à l’arbre.
C’est au stade de la maturité que les attaques de Monilia sont
les plus fréquentes. Dans la plupart des cas, la maladie se développe
à partir d’une blessure ou au contact avec un fruit malade. Une
pourriture brune envahit rapidement tout le fruit et se couvre des
fructifications caractéristiques de l’espèce présente: c’est le
symptôme du « rot-brun ». Dans le cas du Monilia fructiqena,
sensible aux alternances jour-nuit, les fructifications sont disposées
en cercles concentriques, alors que celles de Monilia laxa
apparaissent au hasard. Par temps chaud et sec, certains fruits se
ratatinent, forment des momies dures, qui peuvent subsister sur
l’arbre jusqu’au printemps. Dans ces organes desséchés le champignon
n’est pas mort, à la faveur d’un redoux les Monilia peuvent à
nouveau fructifier. Sur les fruits à pépins apparemment sains mais
contaminés et stockés au fruitier, la pourriture va se développer en
prenant un faciès différent. Les fruits conservent leur forme, mais à
l’obscurité ils deviennent noirs, luisants et ne présentent pas de
fructifications, ou seulement quelques masses mycéliennes blanches.
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Contrairement à certaines affirmations, les 2 espèces de Monilia,
d’ailleurs essentiellement inféodées à la Famille des Rosacées,
sont des champignons pathogènes des Pomoïdées et des Prunées, mais le
Monilia laxa plus précoce est plus fréquemment la cause de
flétrissement sur les espèces à floraison hâtive.
Conférence de Maryvonne
Decharme
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