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C’est
assurément le plus courant des petits fruits du potager, elle est
produite par le fraisier qui fait partie de la famille des rosacées.
Sa valeur nutritive 35 Kcal / 100g.
La
fraise de culture que nous connaissons aujourd’hui est née
près d’ici, dans la presqu’île de Plougastel-Daoulas,
du mariage de la fraise des bois locale avec une fraise ‘Fracaria
Chiloensis’ rapportée par un certain agent secret Amédée François
FRÉZIER, envoyé en Amérique du Sud par le roi de
France en 1711.
Les
plants rapportés furent hybridés par les soins d’un infirmier de
Plougastel vers 1740 puis exploités de manière intensive.
Dès
1766 les archives mentionnent des ventes de fraises de Plougastel
sur le marché de Brest.
La
production locale est montée jusqu’à 6 000 tonnes par an
avant la seconde guerre mondiale.
Par
la suite de nombreuses variétés furent crées, tant en Amérique
qu ‘en Europe et l’exploitation se propagea dans le
sud-ouest et les pays méditerranéens, particulièrement en
Espagne.
Culture
Les
fraisiers, demandent une terre humifère, riche en humus et bien
drainée (éventuellement, ajouter du sable de rivière et de la
tourbe, si la terre est trop compacte). Ces plantes, très gourmandes,
épuisent rapidement le sol. Elles doivent être changées
d’emplacement tous les 3 ans, éventuellement, en organisant une
rotation par tiers.
L’emplacement
sera dans la mesure du possible abrité et bien ensoleillé.
L’enracinement,
est à la fois profond (jusqu’à 40 cm.) et superficiel . Il
demande une terre bien ameublie en profondeur , et que l’on aura
enrichie avec du compost.
La
meilleure période de première plantation, pour obtenir un
rendement optimum se situe en juin juillet, mais les
transplantations peuvent s’effectuer dès Avril Mai
ou en Octobre.
Les
distance de plantation sont de l’ordre de 60 à 80 cm. entre rangs
et 30 à 35 cm. entre pieds sur le rang.
Si
vous plantez à racines nues, vous prendrez soin de bien écarter
les racines, en faisant
reposer
celles-ci sur un petit dôme de terre. Si vous plantez en motte, ce
problème ne se pose pas, mais dans tous les cas, vous veillerez à
ne pas enterrer le collet.
Diverses
recettes existent, pour assurer un bon démarrage des plants et
augmenter le parfum des fruits, au moins la première année, telles
que verser du purin d’ortie ou de consoude, dilué, dans le trou
de plantation ou mettre une poignée de feuille broyées (ortie ou
consoude) au fond du trou de plantation, mais sans que cela soit au
contact direct des racines.
Après
2 ou 3 semaines d’installation des plants, en ayant tenu le sol
propre, il sera temps d’effectuer un paillage complet avec
du foin, de la paille, des feuilles ou des fougères , voire des
aiguilles de pins, étant bien entendu que les matériaux doivent être
secs (par opposition aux végétaux verts).
Ce
paillage, d’une épaisseur souhaitable de 3 à 5 cm. présente au
moins quatre avantages :
-
Il empêche les fruits d’être au contact direct du sol,
afin de limiter la pourriture.
-
Couvrant la terre, il
ralenti l’évaporation, conserve l’humidité, permet d’espacer
les arrosages.
-
Il limite, sans l’empêcher totalement, la pousse des
herbes.
-
En fin de saison, il s’incorporera au sol, lui fournissant
l’humus tant recherché.
L’arrosage,
de
fréquence variable suivant la nature du sol et les conditions
climatiques, est préférable tôt le matin et serait en moyenne
d’une fois par semaine. Surveillez bien le feuillage des fraisiers
car cette plante sait réclamer.
Une
autre méthode consiste à utiliser un paillage plastique noir micro
perforé. Ce film, ‘spécial fraisiers’ existe dans le commerce
en 1,40 m. de large pour réaliser des planches
de 1,20m. utile. Il est souhaitable de profiler le sol en dôme,
de 6 à 8 cm. de hauteur, pour éviter la stagnation de l’eau de
pluie, d’arrosage ou de la rosée . La mise en œuvre du film est assez délicate, très mince,
il est souhaitable qu’il soit correctement tendu.
Les
plants seront disposés sur trois rangs, 35cm. entre les rangs, et
50 cm. entre plants sur
le
rang . La disposition en quinconce (rang du milieu décalé), permet
d’avoir 40 cm. en tous sens entre les plants. Le film est entaillé
avec un cutter, en croix ou en Y et l’utilisation d’un
transplantoir à bulbes facilite la plantation. Les entailles ne
devront pas être trop grandes et les premières semaines, il sera
bon de lester le film car le vent aura tendance à le soulever, avec
risque de déchirement.
Si
le film empêche l’apparition généralisée d’herbes indésirables,
cela n’exclu pas qu’elles apparaissent au voisinage immédiat du
fraisier , solidement implantées, particulièrement après un hiver
sans surveillance.
La
chaleur absorbée par la teinte noire est bénéfique pour la
production, mais semble
prolonger la floraison des espèces remontantes au delà du
raisonnable. (jusque fin octobre)
Avec
ce type de culture, il parait souhaitable de refaire sa plantation
de fraisier tous les deux ans car, les fraisiers, ‘étranglés’
par le plastique ont tendance à se ‘déchausser’ et la
production en troisième année fléchit de manière notable.
Enfin,
procédé d’arrosage bien pratique sous plastique : pose
d’un tuyau poreux avant plantation (1 tuyau par ligne de plant)
tuyau qu’il suffit de raccorder au réseau d’arrosage de temps
à autre et sans se préoccuper de l’heure ou de
l’ensoleillement. Fonctionne à partir de 1,5 bar.
Le
tuyau poreux, peut être remplacé par un tuyau apparent avec un
goutteur à chaque pied de fraisier, technique utilisée dans le
maraîchage sous tunnel. (voir schéma page 5)
Reproduction des fraisiers
Le
mode le plus courant consiste à utiliser les stolons (appelés également
gourmands ou coulants) émis
par le pied mère. Trop nombreux ils épuisent la plante
aussi n’en conserver qu’un minimum (1
ou 2 par pied) et plutôt en fin de saison Les stolons seront dirigés
vers un godet rempli de terreau
enterré si possible ou vers un espace de terre libre La
partie feuillue sera maintenue
au contact de la terre humide par un cavalier ou un caillou.
Les prolongements des stolons vers un second bourgeon
sera coupés.
Après
complet enracinement, 4
à 6 semaines, il sera possible de couper ce ‘cordon ombilical’
et de disposer librement du jeune pied.
Il
est à noter que certaines variétés n’émettent que peu ou pas
de gourmands par exemple, ‘la Mara des bois’ ou création plus récente
une fraise des bois ‘Reine des Vallées’.
Dans
ce dernier cas, il y aura toujours possibilité de dédoubler les
vieux pieds, lorsque ceux-ci présentent plusieurs têtes, mais avec
une faculté de reprise plus délicate et donc plus lente.
La
reproduction par stolon ou dédoublement, est agréable et économique,
mais ne présente aucune garantie sur l’aspect sanitaire des
nouveaux plans. Les virus peuvent entraîner une dégénérescence
rapide de la culture.
Les
plans de fraisiers sélectionnés du commerce, sont en principe
garantis indemnes de tout virus. Il est recommandé de renouveler la
plantation tous les 4 ans mais quelle fortune !
Les
variétés modernes de fraisiers sont protégées et leur
multiplication est interdite. Cette clause figure souvent sur l’étiquette
qui accompagne la barquette de plants.
Autre
moyen de reproduction : le semis . Réservé aux gens patients
et obstinés, semble très peu utilisé et ne paraît devoir présenter
de résultat valable que la seconde année au mieux.
Cueillette et conservation des fruits
La
fraise est un fruit particulièrement fragile et dont la cueillette
doit se faire avec précaution.
Le
pédoncule du fruit doit être coupé tout en maintenant la tige
porteuse des futurs fruits déjà en formation et sans choquer ces
derniers. Attention :
certaines fraises sont cachées parmi le feuillage et il ne faut
surtout pas en oublier. En effet, les abandonnées finiront par
pourrir et il faudra quand même les enlever, pour limiter le risque
de contamination.
La
fraise se conserve de 24 à 48 heures, éventuellement au réfrigérateur,
elle ne supporte pas la congélation qui dénature le parfum.
Différentes variétés
Il
existe de nombreuse variétés de fraisiers, plus de 600 ! ! !
nous sommes bien loin des trois variétés européennes d’origine,
avant le voyage de monsieur FRÉZIER. Nous ne ferons pas l’inventaire de ces
variétés mais simplement mention des préférées.
Ces
variétés se classent en deux groupes principaux :
les
variétés non remontantes, deux variétés retenues :
-
Favette : très précoce, récolte en mai, gros fruits
fermes, très sucrée
-
Gariguette : précoce, récolte début juin, remontée
possible en sol très fertile,
fruits allongés très parfumés,
c’est une création de l’INRA de Montfavet, en 1977.
les variétés remontantes (qui produisent pratiquement en
continu)
-
Gento : gros fruits, bonne productivité, savoureuse.
-
Mara des bois : récolte de fin juin à Septembre et
plus, parfum de fraise des bois .
-
Ostara : production de juin à octobre savoureuse,
craint la sécheresse.
-
Rabunda : Juin à octobre, productive, résiste aux
maladies.
-
Reine des vallées : de juin au gelées, tout petits
fruits, pas de stolons.
Hors
catégorie, le fraisier du voisin, dont on ne connaît plus ni le
nom ni la période précise de production, ni l’âge de la souche,
mais qu’il faut
planter pour ne pas vexer !
Ravageurs et maladies
Les
amateurs de fraises sont nombreux dans notre environnement et je ne
citerai que les plus courants : limaces, mulots, oiseaux,
écureuils … nous ne sommes pas les seuls à aimer les
bonnes choses.
-
Limaces et escargots : bière en soucoupe, granulés spécifiques,
paillis dense d’aiguille de pins ou de fougère broyée. Dans le
cas de culture sur paillis plastique, durant la saison hivernale,
nos gourmands nuisibles sont venus se cacher. La réaction printanière
devra être énergique !
-
. Le moyen le plus efficace concernant les vertébrés,
consiste à utiliser un filet, tendu
sur
arceaux - très imparfait face aux mulots- Il ne faut pas oublier
que les oiseaux ou écureuils, peuvent se servir par les mailles du
filet, voir sauter dessus pour s’approcher du fruit mal défendu.
-
Le maintien du filet à sa base, peut être réalisé par un
tube, un tuteur une barre de bois fixé au sol par des fiches ou
cavaliers en fil de fer. Eventuellement par les cavaliers seuls,
mais dans ce cas, la lisière basse du filet doit être bien tendue.
-
Concernant les rongeurs, mulots et autres, il est possible
d’utiliser des graines empoisonnées, mais il faut tenir ces dernières
hors de portée des oiseaux, par exemple dans un tube d’environ 40
mm.
-
L’araignée rouge fréquente
les années chaudes, peut être limitée voir éloignée par le
‘douchage’ régulier du feuillage.
Les
maladies :
-
L’oïdium poudrage blanchâtre sur et sous les feuilles qui
se recourbent en cuillère et deviennent rougeâtres fruits malformés et atrophiés .
-
Pourriture grise : le botrytis couvre les feuilles, les
fleurs puis les fruits d’un duvet gris. Les plantes doivent être
détruites. Limiter les engrais azotés qui favorisent cette
maladie.
-
La maladie des taches noires (anthracnose) apparaît sur des fruits murs ou en passe de
l’être : éviter d’arroser sur les plantes, (tant mieux
pour l’araignée rouge), préférez l’arrosage au pied, pailler
le sol et limiter la densité des plants.
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Conférence de Claude
Bressant à la section "potager' le samedi 23 avril 2005 |
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