Société d'Horticulture du   

                          Pays d'Auray

Les envahisseurs des fruits

Hoplocampe du poirier (ravageur de jeunes fruits)

Longtemps rare et cantonné aux vergers non traités, ce ravageur se rencontre à nouveau depuis la modification de certaines techniques de lutte.

Ce ravageur est une tenthrède de 4 à 5 mm de long. Les femelles apparaissent au début de la floraison des poiriers et se nourrissent de pollen et de nectar. Elles déposent leurs œufs dans le calice, à la base des boutons floraux prêts à s’épanouir.

La ponte s’échelonne sur les diverses variétés de poiriers en fonction de leur période de floraison La jeune larve creuse d’abord une galerie sous épidermique à la base des sépales qui flétrissent, gagne le centre du fruit, ronge les pépins puis se porte sur un autre fruit ou s’achève généralement son développement.

La larve s’enfonce ensuite dans le sol, se confectionne un cocon dans lequel elle reste à l’état de repos jusqu’à a fin de l’hiver.

Il n’y a qu’une génération par an.

Les attaques d’hoplocampes entraînent la chute des jeunes fruits.

 

Lutte

L’objectif de la lutte chimique est de détruire les œufs avant leur éclosion par un traitement insecticide appliqué à la chutes des pétales.

 

Autres ravageurs des jeunes fruits :

Cécidomyle des poirettes (Diptères)

Anthonome du pommier (charançon).

 

Carpocapse des pommes et des poires

Cet insecte est le principal ravageur du pommier. Il s’attaque exclusivement aux fruits et peut considérablement affecter la quantité et la qualité de la récolte. Cette espèce peut secondairement se développer sur le cognassier, le noyer, l’abricotier, parfois sur le pêcher et le prunier. L’adulte du carpocapse est un petit papillon de 20 mm d’envergure, aux ailes gris cendré ornées de lignes et de taches brunes caractéristiques.

Le premier vol des papillons débute de la mi-avril à la fin mai et peut s’échelonner sur un à deux mois. Les femelles fécondées pondent, au début de la saison, sur les feuilles entourant les fruits et en été sur les fruits. A l’éclosion circule quelques heures (stade baladeur) avant de pénétrer dans un fruit.

Elle grignote la pelure puis creuse une galerie en spirale, gagne ensuite la zone des pépins qu’elle dévore en formant de grandes cavités remplies de déchets humides et d’excréments. Il n’y a généralement qu’une seule chenille par fruit véreux. La chenille termine son développement au bout de 3 à 4 semaines. Elle quitte alors le fruit pour se réfugier dans un abri : anfractuosité de l’écorce, du sol ou divers autres sites où elle entre en phase de repos.

Les larves ayant atteint leur maturité en juillet vont se nymphoser rapidement et donner naissance à une 2e génération de papillons, les autres vont entrer en hivernation jusqu’au printemps suivant.

 

Lutte

La lutte est difficile car les vols se produisent quasiment sans interruption de mai à août, avec un premier pic en mai et un second en juillet-août lorsqu’il y a une 2ème génération. Dans ce cas il y a superposition des deux vols.

Lutte par des moyens physiques:

-         l’ensachage des fruits crée une barrière à la migration des jeunes chenilles sur les fruits au printemps et l’été à la ponte des adultes. La pose des sacs doit se faire avant l’éclosion des chenilles, donc avant juin.

-         la pose de bandes piège en carton ondulé sur les troncs (ondulations vers le tronc). Ces bandes de carton offrent aux chenilles des sites d’hivernation dans lesquels elles tissent leur cocon de nymphose. Elles sont à poser avant que les chenilles sortent des pommes. Une première pose de bandes piège effectuée en juin et détruites en juillet vise la destruction des formes de repos issues de la 1ère génération, une seconde pose effectuée en juillet et détruite à l’automne vise des formes de repos hivernantes. Cette méthode n’a qu’une efficacité partielle car elle n’atteint pas les chenilles issues des premiers vols; mais elle permet d’apprécier la population de carpocapse du printemps suivant.

La lutte insecticide : chimique ou biologique nécessite, pour être au mieux adaptée à l’évolution du ravageur, de connaître la position et l’intensité des vols. Ces informations sont données par les avertissements agricoles édités par les services régionaux de la protection des végétaux. Sinon, pour assurer une protection totale des fruits, il est nécessaire d’assurer une « couverture » insecticide chimique ou biologique, de la période à risques (fin mai à mi-août), en tenant compte de la durée d’efficacité des produits utilisés.

Maryvonne Decharme

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