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Les
courges sont des plantes monoïques qui par définition, portent
sur un même pied des fleurs mâles et des fleurs femelles.
Suivant
Kokopelli, les fleurs mâles, les plus nombreuses, apparaissent
bien avant les fleurs femelles et sont aussi en plus grand nombre.
En majorité également, lors des périodes de fortes chaleurs.
Elles sont portées sur de longues et fines tiges. (1)
Les
fleurs femelles, plus courtes, présentent à leur base la forme
du futur fruit, qui ne se développera qu’après fécondation.

Ces
plantes, sont allogames et auto-fertiles.
Allogame : peuvent
être fertilisées par d’autres plantes de la même espèce,
auto-fertile : fertilisation entre deux fleurs de la même
plante.
La
pollinisation entre
plantes de la même espèce conduit inévitablement à une
hybridation entre les variétés. Ainsi, si vous ne cultivez
qu’une seule variété de cucurbita pepo, par exemple courgette
verte, vous n’êtes pas garanti contre une hybridation provoquée
par les abeilles qui voyagent entre les jardins différents.
L’hybridation
ne sera décelable que la seconde année, lors de l’utilisation
des graines, qui sont le véritable fruit de la plante. En effet,
nous ne consommons d’une manière générale que la pulpe de
l’enveloppe.
En
seconde année les produits issus de graines hybridées présenteront
des caractères différents plus ou moins marqués, d’aspect, de
taille, de goût etc. …
Suivant
Kokopelli, les distances d’isolement entre deux variétés
d’une même espèces varient de 500 mètres à 2 km. Ce phénomène
pose tout simplement le problème de la récolte des graines.
Si
vous tenez absolument à produire vos semences, des techniques de
pollinisation manuelles existent, avec ligature des fleurs avant
éclosion et après pollinisation, techniques très méticuleuses
et contraignantes.
Des
hybridations entre espèces existent également mais ne concernent
ni les espèces de nos potagers, ni les espèces cultivables sous
notre climat.
(1)
D’après les chambres d’agriculture de Bretagne, et concernant
spécialement les courgettes, les fleurs mâles apparaissent 8 à
10 jours après les fleurs femelles ce qui explique un départ
tardif des nouaisons
Les
plants
Kokopelli,
recommande, de ne pas préparer trop tôt ses semis en godets mais
simplement 2 à 3 semaines avant le repiquage.
Pour
les adeptes du calendrier lunaire, il semble que la meilleure période
de semis se trouve en fin de lune croissante, quelques jours avant
la pleine lune.
En
années ordinaires, la température extérieure n’autorise pas
la culture en pleine terre avant le 15 mai, aussi, à partir
de ce constat, les semis sous abri, en godet, seront faits dans la
seconde quinzaine d’avril.
Cependant,
tout est à nuancer car ceci est surtout valable pour les courges
pepo et maxima, c’est à dire pour les Spaghettis, Giraumons,
Potimarrons.
Concernant
par exemple les butternuts et musquées de Provence
(courges moschatta) de croissance un peu plus lente, une à
deux semaines supplémentaires seront accordées.
D’une
manière générale, toutes ces plantes aiment la chaleur, aussi,
il est important de ne pas se précipiter, dès l’apparition des
premières belles journées.
Lorsque
les plants traînent en godets, à la suite de semis prématurés,
le système racinaire devient fibreux et la reprise après
repiquage est plus laborieuse.
Les
graines seront semées soit
à plat, soit pointe effilée vers le bas. En effet, les racines
sortiront de cette pointe effilée, et la plantule se dressera,
avec souvent l’enveloppe de la graine en guise de chapeau, gênant
le déploiement de cotylédons. La levée se produit entre 6 et 10
jours après le semis, suivant les variétés.
Le
semis en pleine terre est possible mais ne semble pas souhaitable
dans notre région où l’été ne présente pas une longueur démesurée.
Repiquage
La
zone qui recevra les plants de courges, aura été préparée à
l’avance et en particulier, le sol aura été bien fumé car ces
plantes sont très gourmandes, et leurs racines s’étendent
comme leur feuillage.
Pour
la mise en place proprement dite, faire un trou de 30 cm en tous
sens, rempli de compost bien décomposé, ce dernier recouvert de
la terre provenant du trou.
Le
plant sera repiqué sur cet ensemble et la tige pourra être
enterrée jusque sous les cotylédons, car des racines peuvent se
développer sur cette partie de tige.
Cette
opération se fera après la mi-mai car ces plantes aiment la
chaleur, sans pour autant dépasser les premiers jours de juin.
L’espacement
entre les sujets, sera fonction du type de variétés :
buissonnantes 1,00 m., semi coureuse 1,50 m., et pour les variétés
très coureuses, à fort développement, 2,50 à 4,00 m.
Plutôt
que repiquage, s’agissant de plants en godets, je parlerai de
transplantation. La motte, sortie du godet avec soin, pour ne pas
l’éclater, est mise en place et cette manière de faire, moins
traumatisante qu’un repiquage à racines nues, n’exclue pas
que l’on protège le tout jeune plant des soleils trop vifs
et surtout des fraîcheurs nocturnes.
Il
est inutile d’attendre que le plant possède plusieurs feuilles avant de le repiquer
Conduite
de culture
Chaque
variété sera conduite de manière spécifique, en fonction des résultats
souhaités et suivant sa végétation propre.
En
fonction du résultat souhaité : le nombre de fruits sera
plus ou moins limité. 1 seul par pied pour une production
spectaculaire, voire 4 à 5 fruits par tige, pour une production
raisonnée.
Suivant
sa végétation propre, soit une totale indépendance comme pour
la courgette non coureuse, soit une taille qui peut débuter
dès le jeune plant, comme pour les potimarrons
Arrosage
D’une
manière générale on évitera d’arroser le feuillage, pour préférer
un arrosage dit ‘au goulot’. C’est à dire arrosage direct
au pied de la plante pour atteindre l’ensemble racinaire au plus
vite.
Le
plus souvent il est recommandé de ménager une cuvette réceptrice
de l’eau de pluie autour du jeune plant, mais si le climat est
particulièrement pluvieux, il ne faut pas exclure de planter sur
une butte également appelée billon, qui suivant que le sol est léger
ou lourd, pourrait aller de 10 à 20 cm de hauteur.
Compte
tenu des aléas climatiques de notre région, un sol pratiquement
plat après plantation fera très bien l’affaire, notre seule
intervention devant consister à palier aux excès de sécheresse
toujours possibles.
En
cours de végétation et en période chaude, une plante puisera 1
à 2 litres par jour. Deux arrosages par semaine pour une culture
paillée, semblent suffisants .
L’eau
d’arrosage ne devra pas être fraîche mais de préférence légèrement
'chambrée'
Fruits
et Récoltes
Les
fruits qui se récoltent avant maturité, courgettes, pâtisson
etc. seront cueillis régulièrement, afin de ne pas ralentir la
floraison. En effet, si les fruits sont laissés sur la plante,
celle-ci consacre son énergie au grossissement, et ralenti sa
floraison et donc limite sa production.
Les
fruits que l’on cueille à maturité (parfois appelés courges
d’hiver) seront isolés du sol. Placés sur une planchette afin
d’éviter la formation d’une cuvette sous le fruit. Cette
cuvette propice à l’humidité et donc à la pourriture sera
d’autant plus grande que le fruit sera lourd. Au minimum elle
favorisera la création d’un défaut d’aspect de l’épiderme.
Concernant
cette dernière catégorie, à récolte tardive, les fruits seront
séparés de la tige en coupant le pédoncule aussi long que
possible. Le signal de récolte sera donné par la plante elle même,
dont le feuillage et les tiges se dessècheront progressivement.
Les pédoncules deviennent plus fibreux et leur teinte vire au
brun clair.
Les
fruits eux même ont pris leur teinte finale.
Conservation
Il
semble que la conservation des fruits soit d’une manière générale
en rapport direct avec une bonne maturation.
La
conservation sera d’autant meilleure que la saison aura été
chaude et prolongée.
Ainsi,
l’été 2004, globalement assez frais et
pluvieux n’a pas été favorable et nombreux sont nos
collègues jardiniers a s’être plaints d’une mauvaise
conservation de leur production.
La
durée de garde varie suivant les variétés, de 2 à 6 mois et
cela permet de consommer durant l’hiver.
Le
local idéal, sera sec, bien ventilé et d’une température
stable, entre 10 et 15 °C. La notion de lumière ne semble pas être
influente. Par contre, le support devra être poreux, le plastique
et les surfaces assimilables étant à proscrire.
Les
durées de conservation mentionnées
plus loin, sont des durées moyennes, qui garantissent une bonne
qualité gustative. Elles peuvent être largement dépassées avec
des fruits de premier choix et des conditions favorables mais en
augmentant les risques de déception. Enfin, les fruits ne doivent
pas être empilés mais rangés côte à côte et des
retournements pourront être effectués. Durant la garde, la
maturation se prolonge ce ne sont pas des légumes secs aussi,
laissons respirer ces fruits.
Maladies
D’une
manière générale, les courges sont peu sensibles aux maladies.
L’Oïdium est la principale de celles-ci et la plus visible. Chacun
connaît le feutre blanc, sorte de moisissure qui apparaît sur
les feuilles et qui conduit au dépérissement de la feuille puis
très rapidement au dépérissement
de la plante. Cette maladie, peut apparaître
dès juillet par été médiocre, mais le plus souvent, en
août et septembre, lorsque surviennent des «écarts importants
de température.
Dès
l’apparition des symptômes, sur
une plante, il y à lieu de réagir énergiquement.
Le
soufre, appliqué soit par poudrage soit en pulvérisation sur la
plante malade et ses voisines, arrêtera la maladie, sans pour
autant guérir les parties malades. Ces dernières, seront supprimées
et détruites.
Divers
pucerons, aleurodes ou
thrips peuvent apprécier l’ombre des grandes feuilles et
surtout la sève qui les alimente. En cas d’attaque caractérisée,
pulvériser un insecticide à base de roténone sur et sous les
feuilles, sol inclus.
Les
pucerons ne sont pas à craindre particulièrement mais ils sont
agents vecteurs de maladies et entre autres de la mosaïque.
Contre
cette maladie, il n’existe pas de traitement reconnu. Une
attaque de celle-ci se présente tout d’abord par des marbrures
et des déformations des feuilles, tiges puis fruits, enfin, un
rabougrissement général de la plante. Celle-ci
devra être arrachée et détruite.
Une
solution, qui pour espérer être efficace devra être mise en
oeuvre le plus rapidement possible : pulvérisation d’une décoction
de prêle diluée à 20% à renouveler 8 jours plus tard.
La
décoction est obtenue en faisant bouillir durant 1 heure, 100gr
de plante sèche pour 1 litre d’eau. Après filtrage, la décoction
est prête à être diluée.
La
pourriture grise ou
Botrytis, ne concerne pas spécialement nos jardins, car elle
réclame une forte humidité (95%) et la présence d’eau libre
sur la plante. Elle se développe surtout dans les serres et les
milieux confinés.
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