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Les cochenilles (aussi
appelées, poux collants, poux des serres) affectent sous nos
climats essentiellement les espèces ligneuses fruitières et
ornementales et les plantes ornementales cultivées en serre.
Ces ravageurs mesurent
entre 2 et.8 mm. et présentent des caractères originaux. Le mâle et la
femelle sont très différents. Le male ailé très petits à l’allure d’un
minuscule moucheron et passe souvent inaperçu. La femelle a un corps
massif, le plus souvent arrondi sans ailes et pour bon nombre
d’espèces, adhérant au végétal. Les
téguments de toutes les espèces de cochenilles présentent des
glandes excrétrices dont les productions, cire ou laque, forment un
revêtement protecteur du corps de l’insecte. La nature de ce dernier
permet en pratique de classer les espèces nuisibles en trois groupes:
Les espèces de
cochenilles à carapace,
dont la cuticule imprégnée de cire ou de laque, est rigide et
résistante. Elles ont souvent une forme en carapace de tortue.
Exemples :
-
la cochenille du cornouiller à
carapace bombée
-
la cochenille de l’hortensia à
carapace bombée
-
le pou des Hespérides à carapace
plate.
Les cochenilles à
bouclier ou
diaspines, dont le corps est mou et recouvert d’une carapace,
détachable du corps de l’insecte souvent en forme de chapeau chinois
ou en forme de virgule.
Exemples :
-
la cochenille du rosier
-
la cochenille du fusain
-
la cochenille virgule du pommier.
Les cochenilles
farineuses,
dont le corps mou est recouvert de longs filaments cireux.
Exemples :
-
la cochenille farineuse des serres
-
la cochenille du lin de Nouvelle
Zélande.
Les œufs sont pondus sous
la carapace ou sous le bouclier ou dans un sac cireux, l’ovisac,
généralement débordant du corps de la femelle est bien visible. Les
jeunes larves sont très mobiles, légères elles peuvent être emportées
par le vent. A la suite de cette phase de déplacement les larves des
cochenilles à carapace et des diaspines se fixent définitivement au
végétal en y enfonçant leurs pièces buccales. Les larves et les
adultes des cochenilles farineuses restent mobiles toute leur vie.
Comme les
pucerons, les cochenilles se nourrissent de sève qu’elles prélèvent à
l’aide des conduits du rostre profondément implantés dans les tissus
végétaux. Le rejet par l’anus de substances sucrées favorise également
le développement de la fumagine.
Ne serait-ce que par leur
présence, les cochenilles déparent les végétaux. Les accumulations de
carapaces, d’amas filamenteux des cochenilles farineuses ou des
ovisacs, les encroûtements de boucliers sur des troncs et la présence
de fumagine nuisent à l’aspect des plantes ; mais les dégâts les plus
graves sont surtout liés aux prélèvements de sève et plus encore à
l’injection de salive toxique. Leurs piqûres peuvent provoquer la
décoloration des feuilles (cochenilles du fusain, du figuier),
l’inhibition de ta floraison (sur diverses espèces ligneuses), le
dépérissement des rameaux ou des branches atteintes.
Les encroûtements de
boucliers sur l’écorce des troncs peuvent entraîner un dessèchement
progressif, l’éclatement de l’écorce, le dépérissement des zones
atteintes et la perte des charpentières. Ces symptômes extrêmes
peuvent être induits par diverses cochenilles des arbres fruitiers,
telles que la cochenille rouge du poirier, la cochenille virgule du
pommier (sur pommier), le pou de San José sur arbres fruitiers, arbres
ornementaux ou forestiers.
Sur les plantes
ornementales cultivées en serre, la pullulation des cochenilles
farineuses ou à bouclier, entraîne à plus ou moins long terme un
ternissement, un jaunissement des organes, un affaiblissement des
plantes parfois létal.
Lutte
La lutte est difficile car
les cochenilles sont protégées par leur carapace, leur bouclier et
leurs filaments cireux peu perméables aux insecticides.
A l’échelle individuelle,
il est possible de les éliminer manuellement en les frottant avec un
coton imbibé d’alcool ou d’insecticide.
Il existe des possibilités
de lutte biologique par apport dans les cultures de certains ennemis
naturels des ravageurs présents. C’est pour lutter contre la
cochenille australienne, redoutable ravageur des agrumes que fut mise
au point la première application de lutte biologique à grande échelle
par l’introduction d’une coccinelle prédatrice dans les vergers de
Californie à la fin du 18ème siècle.
Aujourd’hui ce type de
méthode est utilisé sous abris, contre les cochenilles farineuses sur
agrumes et cultures ornementales en faisant appel à une coccinelle
prédatrice.
Lutte chimique
Elle n’est pas toujours
satisfaisante car le corps des insectes est bien protégé par les
carapaces et les filaments cireux.
Les produits utilisés sont
des huiles minérales associées, ou non, à un insecticide. L’huile
favorise l’adhérence et la pénétration du produit et asphyxie les
insectes.
L’efficacité d’un
traitement d’hiver dépendra de la sensibilité des formes hivernantes
-variable d’une espèce à l’autre et de la précocité de la reprise
d’activité des insectes. Son efficacité n’est pas toujours suffisante.
Les traitements doivent plutôt viser la destruction des larves mobiles
plus sensibles aux insecticides. Ces traitements auront lieu au
printemps et seront à renouveler en tenant compte de la biologie des
espèces et de l’importance de l’infestation.
Principales espèces de cochenilles
Cochenilles à
carapace
-
la cochenille du cornouiller
affecte divers arbres et arbustes fruitiers, ornementaux et la vigne
Parmi les espèces ornementales: céanothe, Cotonéaster, Eleagnus,
Escallonia, Magnolia, Pyracantha, cerisiers et pommiers. Elle
occasionne une intense fumagine.
la cochenille de
l’hortensia affecte les arbres et arbustes ornementaux: érable
champêtre, platane, tilleul, cornouiller, viornes, Rosacées,
hortensia. Elle est fréquente en espaces verts sans extrême gravité.
-
-
la cochenille floconneuse commune
sur les houx, les rhododendrons, les camélias, les plantes cultivées
en serre. Elle peut freiner la croissance, décolorer le feuillage et
altérer la floraison.
-
la cochenille noire de l’olivier,
commune en région méditerranéenne, affecte : olivier, laurier rose,
Agrumes, cycas. Elle entraîne une intense fumagine.
-
le pou des Hespérides, ravageur
cosmopolite, polyphage, commun sur une multitude de plantes d’ornement
cultivées en serre ou à l’extérieur en conditions climatiques
favorables, parmi celles-ci: agrumes, laurier rose, Rhododendron,
viornes, anthurium, Poinsetia, Ficus, Hibiscus etc. Elle peut
entraîner une abondante fumagine et altérer la croissance.
Cochenilles à
bouclier
-
la cochenille du fusain affecte
uniquement les fusains à feuilles persistantes. Elle provoque la
chlorose des feuilles, des encroûtements sur les parties ligneuses et
à terme une réduction de vigueur.
-
la cochenille virgule du pommier,
commune sur pommier et poirier, vit également sur de nombreux arbres
et arbustes ornementaux, peuplier, saule, olivier, Cotonéaster… Elle
est généralement peu dommageable.
-
la cochenille rouge du poirier,
commune sur poirier, pommier, pêcher, prunier, amandier, cerisier,
marronnier, forme des encroûtements épais sur les parties ligneuses
qui rendent la lutte difficile.
-
la cochenille jaune des arbres
fruitiers, commune sur pommier, poirier, prunier et nombreux feuillus
forestiers provoque peu de dégâts.
-
le pou de San José, dangereux
ravageur polyphage (plus d’une centaine d’hôtes), surtout nuisible au
siècle dernier sur les arbres fruitiers (dont la production pouvait
être anéantie) est devenu peu fréquent aujourd’hui à la suite d’une
lutte assidue.
Cochenilles à corps
mou
-
la cochenille farineuse des
serres, d’origine tropicale, est commune sur une grande diversité de
plantes de serre, en particulier : Cactées, orchidées, Liliacées,
palmiers, agrumes.
-
la cochenille du lin de Nouvelle
Zélande, très fréquente sur son hôte, affecte aussi les Cordylines.
Les plantes, parfois affaiblies, peuvent mourir.
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la cochenille australienne,
ravageur autrefois important sur agrumes et aujourd’hui maîtrisée,
mais encore présente dans le sud de la France, peut aussi s’attaquer à
diverses plantes d’ornement : mimosa, laurier-rose, Acacia, genêts,
rosier.
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