|
Un
résumé de leur introduction horticole
Pendant
longtemps, on ne connut en
Europe que C. Americanus à fleurs blanches, que croît de
l’est du Canada au sud-est des Etats-Unis. Il avait été
introduit dès 1713.
Un
siècle plus tard, en 1818, le botaniste français Amure
Raffeneau-Delile rapporta du Mexique le premier des céanothes à
fleurs bleues, C. Caeruleus, l’espèce émerveilla les spécialistes,
mais elle était peu rustique. Débuta alors des hybridations,
tout d’abord avec C.americanus qui est plus vigoureux et
plus rustique. On obtint ainsi, vers 1830, C.x delilianus, premier
hybride d’une série promise à un riche avenir; peu après, le
croisement de C. x delilianus avec
C.ovatus var.roseus engendra le premier céanothe à fleurs
roses.
Les
découvertes se succédèrent :
-
C. Thyrsiflorus, trouvé en Californie en 1816 n’arriva en
Europe que 20 ans plus tard.
-
inventoriés entre 1826 et 1833 C. Velutinus, C. Papillosus et
C. Integerrinus parvinrent en Angleterre vers 1850 par
William Lobb qui collectait des plantes nouvelles pour le compte
des pépinières Veitch d’Exeter. Il découvrit également deux
hybrides spontanés qui reçurent les noms de C. X lobbianus et
C. X veitchianus.
-
en 1846 fut mis en évidence C. Prostratus intéressant
nos seulement par son tort rampant et ses fleurs bleu lavande,
mais aussi par ses fruits rouge ponceau.
-puis
ce forent : C. Rigidus, C. Destatus, C. Sanguineus, C. Fendleri.
Vers 1860 on pouvait penser que se trouvaient inventoriées
toutes les espèces intéressantes.
-en
1925 fut introduit C. Cyaneus, aux fleurs d’un bleu
brillant relevé par le jaune des anthères et, en 1934, un céanothe
à fleurs pourpres C. Purpureus.
Un
hybride obtenu par Burkwood en 1929 réunissait en une harmonieuse
synthèse les qualités les plus remarquables des céanothes : il
possédait en effet des l=fleurs d’un bleu soutnu et profond, un
agréable feuillage semi-persistant, et faisait preuve enfin
d’une bonne rusticité.
Bien
entendu, les travaux des hybrideurs furent poursuivis.
Que
représentent de nos jours les céanothes ?
Une
profusion de fleurs bleues, petites, mais formant de jolies
panicules arrondies, à la fin du printemps ou en été, telle est
l’image qu’évoque pour le jardinier le nom du céanothe, mais
elle a besoin d’être nuancée. Tout d’abord parce que les céanothes
sont très nombreux, 55 espèces environ, dont une trentaine en
culture, sans compter les hybrides, et aussi parce que leurs
qualités sont fort diverses :
-
chez certains, les fleurs sont blanches, ou roses, ou pourprées,
et, quand leur teinte est le bleu, la gamme en est fort étendue :
du bleu ciel le plus pâle au bleu mauve, au bleu azur et jusqu’à
l’indigo violacé,
-
les uns portent un feuillage persistant, mais chez
d’autres, il est caduc ou semi-persistant,
-
leur port et leur taille présentent une gamme très étendus.
Certains sont rampants et employés comme plantes de
rocaille ou comme couvre-sol, d’autres sont arbustifs
buissonnants ou étalés, enfin d’autres peuvent
monter très haut, en particulier lorsqu’ils sont palissés
contre un mur,
-
un dernier point porte sur la rusticité qui est très variable.
| Culture
Les
céanothes, presque tous natifs de Californie, sont curieusement
plus populaires dans les
îles britanniques, sous le nom de lilas de Californie, que dans
leur région d’origine où ils constituent un élément
important du chaparral. Ils semblent également peu appréciés
dans les jardins méditerranéens. Ce sont pourtant des
arbustes très précieux dans tous les jardins secs.
|

|
|
Ceanothus 'Italian Skies' au bleu profond |
Résistance
au froid
Tous
les céanothes ne peuvent pas, loin de là, être plantés sous un
climat équivalent à celui de la régions parisienne. Si C.
Americanus, de tous le plus rustique, peut être planté
partout, si C.x burkwoodi pousse convenablement dans
presque toute la France et si C. X pallidus supporte bien
le climat parisien, beaucoup d’autres espèces ont besoin, au
moins d’une situation protégée du froid et des vents et
doivent être de préférence plantées contre un mur et même
palissées.
Les
céanothes à feuillage persistant, tous originaires de
Californie, ont besoin d’un climat doux en hiver
quelque peu comparable à celui du midi de la France et de la
Bretagne côtière.
Sol
Les
céanothes n’ont pas d’exigences particulières pour ce qui
est du sol. Une terre moyenne de jardin leur convient; ils
s’accommodent sans gêne d’un terrain sableux et sec, mais préfèrent
un sol riche en humus. Ils ne sont réfractaires
qu’à l’argile et à un taux élevé de calcaire.
Quand
à l’exposition, il la faut chaude, mais de préférence
mi-ombragée, car ils redoutent l’ensoleillement constant
aussi bien que le couvert.
La
fertilisation n’est pas une nécessité : elle peut accélérer
la pousse mais du même coup abréger la durée de vie le
l’arbuste.
Durée
de vie - Bouturage
Elle
est relativement brève : une dizaine d’années en moyenne.
Elle ne résulte pas seulement du fait d’une mauvaise
acclimatation, mais de la nature même de l’arbuste. Le mieux
est donc de prévoir un relais des sujets anciens avant leur déclin
définitif, par le bouturage que s’avère cependant aléatoire.
Il
s’effectue à partir de pousses semi-aoûtées, prélevées
en été dans les régions tempérées, plutôt en automne
dans le Midi pour éviter les fortes chaleurs (sur les pousses les
plus tardives). Les boutures en cours d’enracinement passent le
premier hiver hors gel. Au printemps, elles seront transférées
en pépinières où elles resteront un ou deux ans avant leur mise
en place.
Les
céanothes à feuillage persistant
à
floraison printanière
Si
leur floraison printanière est relativement brève, ils restent décoratifs
tout l’année par leur feuillage. Quant aux espèces
à floraison printanière, il convient de ne les nettoyer qu’après
la floraison, mais le plus souvent la taille n’est nullement nécessaisre.
Les
premiers sont les C. Arboreus, en particulier “Trewithen
Blue”, qui ouvrent la saison florale dès février en
l’absence de réel hiver. Véritables petits arbres sur des
troncs frêles mais bien formés, ils sont parmi les plus beaux,
mais aussi parmi les plus gélifs. Ensuite, bourgeonnent les C.impressus,
dont “Puget Blue”, heureusement plus rustiques,
capables de tenir jusqu’en région parisienne. Ils sont suivis
de près par les C.thyrsiflorus, aux nombreux
hybrides et variétés (repens, “Cascade”,
“Delight” ...). D’allure plus libre, “Italian
Skies”, “Concha” et plus tard “Skylark”
viennent ajouter leurs longues branches souples et florifères à
ce tableau.
Comme
tous les arbustes à floraison printanière, il convient de ne les
nettoyer qu’après la floraison. Mais le plus souvent la taille
n’est nullement nécessaire.
 |

|
|
Ceanothus
thyrsiflorus 'repens' dans le parc de Montmarin
(plusieurs
pieds ont été nécessaires pour former cette touffe
imposante) |
Les
céanothes à feuillage caducs
Et
à floraison estivale
La
floraison des espèces à feuilles caduques est au contraire très
durable et souvent remontante et ces dernières sont généralement
beaucoup plus rustiques. Comme elles fleurissent en été sur
le bois de l’année, on ne doit les tailler qu’à la fin de
l’hiver, mais seulement lorsque le risque de gelées est passé.
Ils
n’offrent pas l’explosion subite et éphémère observée sur
les espèces printanières. Avec plusieurs vagues de floraison,
ils tiennent la scène plus longtemps mais de façon plus discrète.
Leurs grappes bleu lilas, mais aussi roses ou blanches, plus pâles,
se foncent volontiers dans les couleurs de l’été, parmi les
vivaces et les autres petits arbustes.
Pour
la rusticité et la tolérance à des sols pas forcément
optimaux, rien ne vaut les variétés classiques de C. X
delileanus et “Comtesse de Paris”, C. Americanus,x C.
Caeruleus “Gloire de Versailles”.
Une
variété incontournable “Marie Simon” pour ses rameaux
pourprés, sa floraison rose saumoné de juillet à octobre et sa
bonne ramification.
Certaines
variétés (“Automnal Blue”, Burkwoodii”) peuvent
donner deux vagues de fleurs, l’une au printemps (vers
mai-juin), l’autre à l’automne après une petite coupe d’été.
 |
Leur
place au jardin
Par
suite d’un port excessivement varié (couvre-sol, buissonnant,
semi-érigé, érigé, semi-grimpant .....), les céanothes
trouvent leur place en de maints endroits du jardin (en isolé,
en massif, en haie, en palissage ....). Seuls arbustes
à présenter une palette bleue aussi nuancée, ils trouvent aisément
leur association en particulier avec les tons jaunes et bruns.
|
|