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Autrefois d’importance minime, les acariens sont devenus des
ravageurs de premier plan. Cet état de fait est la conséquence
d’une lutte chimique intensive qui a rapidement décimé la faune
antagoniste des ravageurs.
Les acariens sont des proches parents des araignées, mais se
distinguent des véritables araignées par leur morphologie massive
(fusion de la tête, du thorax et de l’abdomen) et leur régime
alimentaire. Ils ne présentent ni ailes, ni antennes et possèdent en
général 4 paires de pattes. Les acariens phytophages sont de très
petite taille, de moins du millimètre et ont une forme ovoïde ou
allongée. Ils se nourrissent en suçant le contenu des cellules
végétales. Celles-ci se remplissent d’air et donnent un aspect
grisâtre ou brunâtre. Sous l’effet des innombrables piqûres les tissus
sont détruits, ce qui engendre divers symptômes : jaunissement,
déformation d’organes, arrêt de croissance, formation de galles.
Les acariens sont ovipares ou vivipares. Les œufs donnent naissance à
des larves, puis à plusieurs stades mobiles avant l’apparition des
adultes. Chez les espèces phytophages, la fécondité généralement très
élevée, associée à un nombre important de générations annuelles, leur
confère un pouvoir de multiplication considérable.
En pratique, on peut distinguer divers groupes d’acariens en tenant
compte des dégâts causés:
- Les agents d’érinose et de galles
L’érinose est caractérisée par l’apparition à la base inférieure des
feuilles d’un duvet de longs poils. Ces altérations sont produites par
les piqûres d’un acarien microscopique, vermiforme, qui provoquent
l’hypertrophie des poils épidermiques du végétal. Cette affection
commune sur vigne, noyer, hêtre, érables etc. est généralement sans
incidence.
Les galles forment de petites verrues ou des mini cornes vertes,
jaunes, rouges à la face supérieure des feuilles hébergeant les
acariens dans leur cavité: cette affection mineure est fréquente.
- Les tétranyques
Ce groupe comprend de nombreuses espèces d’acariens, au corps arrondi,
de couleurs verte, jaune, orange ou rouge très nuisibles aux plantes
cultivées.
Parmi les importants ravageurs des vergers et de la vigne, se situent
l’acarien rouge et l’acarien jaune. L’acarien rouge s’attaque
essentiellement à des ligneux, l’acarien jaune se développe sur de
nombreuses familles de plantes comprenant des ligneux, des plantes
herbacées ornementales ou maraîchères.
La prolifération des trétanyques est favorisée par un printemps et
un été chaud et sec. Quelques soient les plantes atteintes, les
symptômes sont similaires : feuilles bronzées, grisâtres ou d’aspect
argenté qui finissent par se dessécher. La photosynthèse réduite
affaiblit les plantes.
Sur les végétaux ligneux, elle est la cause d’un mauvais aoûtement
pouvant, dans le cas de fortes infestations, avoir des incidences sur
la croissance et la production de l’année suivante. Ces deux espèces
sont assez représentatives de la complexité et de la diversité des
cycles des acariens attaquant les ligneux.
L’acarien rouge hiverne sous forme d’œufs déposés dans les
irrégularités de l’écorce. L’activité des jeunes larves débute tôt au
printemps, les dégâts sont déjà sensibles au moment de la floraison.
Il s’ensuit un grand nombre de générations estivales.
L’acarien jaune hiverne sous forme de femelles, au sein de l’écorce ou
d’abris divers ; la première ponte a lieu sur des plantes herbacées
adventices ou ligneuses. Les larves gagnent ensuite les arbres
fruitiers sur lesquelles apparaît d’emblée une population dense
d’acariens qui continue à proliférer au cours de 6 à 7
générations estivales. La connaissance des espèces en cause permettra
de positionner les traitements printaniers.
- Les tarsonémes
Les tarsonémes sont des acariens ovales de moins de 0,2 mm qui
affectent essentiellement le fraisier, les plantes ornementales
cultivées en serre et les bulbes.
Les fraisiers infectés ont un aspect vitreux, les feuilles du cœur
restent petites et recroquevillées. Les dégâts apparaissent par
plaques dans la culture.
Sur les plantes ornementales, le tarsonéme commun largement répondu,
provoque des malformations importantes. Les feuilles deviennent
ridées, décolorées, cassantes, aux bords enroulés. Les tiges
rabougries, les boutons floraux avortés. Les bulbes entreposés se
dessèchent ou donnent en culture des plantes malformées.
Lutte
Préservation de la faune auxiliaire
Au cours de l’été les populations d’acariens sont la proie des
prédateurs : punaises, coccinelles, acariens carnassiers, Il convient
de prendre en compte les effets positifs de cette faune dans le choix
des produits de traitement et de leur positionnement.
Cette lutte biologique est actuellement largement mise au profit, avec
succès, en culture commerciales sous serre.
Lutte chimique
Les traitements traditionnels d’hiver visent les œufs et les adultes
hivernants, Ils participent à la limitation des populations ; mais
tous les individus, bien protégés dans leur site d’hivernation, ne
sont pas tous tués. Il est donc important que d’autres traitements
interviennent à la reprise d’activité des acariens en visant les très
jeunes larves, afin de diminuer le potentiel de reproduction. La
période d’application sera à adapter au cycle biologique des ravageurs
en tenant compte de l’éventuelle résistance des acariens à certaine
substance.
Maryvonne Decharme
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