Diverses plantes de nos potagers restent au même emplacement durant plusieurs années.
Pour mémoire, pensons à la Rhubarbe, aux Thyms, aux Fraisiers… voilà les plantations fixes, et ce n’est pas leur idéal.
Nous ne parlerons pas des petits fruits ni des arbres, ces derniers étant pratiquement inamovibles.
Toutes les autres plantes, légumes ou aromatiques, que nous cultivons en vivaces, doivent être périodiquement changées de place, au risque d’épuiser le sol et de dépérir à la suite d’un séjour prolongé au même endroit, sauf à les nourrir spécialement, comme nos plantes ornementales et encore…
Outre le mode de culture spécifique à chacune, leur implantation dans le potager reste délicate, surtout pour celles ou ceux d’entre nous qui utilisent un moyen mécanique pour préparer le sol.
Il y a fort à parier que leur rotation se fera sur les quatre côtés du jardin.
Inventaire rapide et non exhaustif :
les plantes aromatiques (déjà présentées),
les légumes perpétuels : Poireau, Chou daubenton, etc.
les Artichauts, Rhubarbe ou Oseille,
les Fraisiers,
les Topinambours.
Il est inutile de revenir sur la culture des aromatiques mais il ne faut pas pour autant les oublier complètement, au fond du potager.
Si possible, il serait judicieux de les planter à proximité du lieu d’utilisation, c’est-à-dire pas très loin de la cuisine.
Il appartient à chacun de définir son propre mode d’action et de prévoir un plan de rotation.
Les légumes perpétuels me semblent devoir être déplacés tous les trois ans environ.
ou Fenouil bâtard, (l’exception) par opposition au Fenouil d’Italie cultivé dans nos jardins pour ses bulbes.
Dite annuelle, cette plante particulièrement décorative, par la légèreté de son feuillage, par sa taille d’environ 1 m, n’a de permanent que sa faculté de se ressemer et de repousser tous les ans par semis naturel. Cette plante meurt après floraison.
Elle peut être considérée envahissante au niveau de nos jardins, si l’on n’y prend pas garde.
Les graines séchées naturellement, seront stockées dans un bocal étanche et utilisables tout l’hiver, principalement pour la cuisson des poissons.
C’est une plante vivace qui, telle que nous la connaissons a été obtenue par sélections, l’espèce d’origine étant proche du Cardon.
Le feuillage, très décoratif, présente des feuilles d’environ 1 m de long, fortement découpées, gris-vert sur le dessus, plus claires en dessous.
Cette plante du fait de sa silhouette, pourrait très bien quitter le potager, pour se trouver dans la partie décorative du jardin. Et si l’on oublie de récolter le bouton comestible, la fleur s’épanouira pour le plus grand plaisir des yeux.
Ce végétal est très gourmand et doit impérativement être déplacé tous les trois ans, malgré des apports nutritifs réguliers. Au printemps, 40 à 50 l. de compost bien décomposé, au pied de chaque plan, et aussi en début d’été, un apport d’engrais type Géranium (l’Artichaut est cultivé pour sa fleur)
Cet entretien, en complément d’une importante fumure à la plantation.
Le sol, de préférence, doit être frais mais bien drainant, riche et profond.
L’exposition : plein soleil.
Pour l’hiver, il conviendra de protéger la plante surtout la souche (buttage) mais aussi le feuillage, dans la mesure du possible, après avoir nettoyé la plante. Ce nettoyage consistera à enlever les feuilles sèches et à couper les tiges ayant porté les fleurs.
Compte tenu de la rotation impérative, tous les 3 voire 4 ans, il peut être envisageable d’augmenter la plantation de son tiers ou de son quart chaque année, de manière à obtenir une rotation en douceur mais aussi pour se prémunir contre les échecs à la reprise.
La multiplication se fait en mars en prélevant et repiquant les œilletons (rejets autour du pied).
L’œilleton prélevé doit comporter un bouquet de feuilles et un talon avec quelques racines qui sera repiqué sans enterrer le collet.


appelé également Céleri bâtard ou Ache des montagnes
Plante vivace nommée Livèche, famille des Ombellifères, qui peut atteindre une taille imposante, voire plus de 1,50 m de haut. Cette exubérance peut lui donner un aspect décoratif.
Cette condimentaire préfère la mi-ombre, les sols frais, drainants, et riches en humus. Elle peut cependant rester à la même place très longtemps.
Ce sont principalement les jeunes feuilles fraîches qui seront utilisées en cuisine. Sèches, elles seront utilisées pour un usage officinal, de même que les racines et les graines. Les tiges peuvent être utilisées coupées pour parfumer la salade. On les utilise aussi pour le pot-au-feu ou dans les soupes.
Cette plante est un puissant diurétique, et favorise par ailleurs la digestion.
Les ennemis de la Livèche : otiorhynques, pucerons et mouche de la carotte.
C’est un légume très rustique, dont la multiplication se fait par bouturage.
A l’aisselle des feuilles, poussent des rejets, sortes de gourmands, qui seront coupés pour la consommation ou la multiplication. Cette dernière se fera au printemps ou à l’automne de même que la récolte se fera de mars à mai ainsi qu’en septembre et octobre.
Ce Chou demande un sol de pH neutre voire alcalin et préfère bien sûr les sols calcaires mais riches en humus Les plants seront distants d’environ 70 cm et ne demandent qu’une humidité normale.
Il y a donc lieu de prévoir un paillage et des arrosages réguliers en période estivale.
Exposition ensoleillée
seront dédoublées lors des transplantations, que l’on peut envisager toutes les 3 années.
La culture de ces derniers, a déjà été présentée. Rappelons que cette plante vivace est très gourmande, aime les terres acides et humifères, fraîches et draînantes.
Chez le particulier, les plants restent en place 3 ans au moins. Ils drageonnent tant et plus, ce qui conduit à réduire l’espace vital de chaque plant, (sauf éclaircissage draconien) à mélanger éventuellement les variétés et généralement à un appauvrissement.
Il est également possible de pincer les stolons régulièrement, pour ne pas fatiguer les plants et conserver leur espace vital d’origine qui doit être de l’ordre de 35 cm en tous sens.
Certains professionnels renouvellent leurs plantations chaque année et cette opération est effectuée en octobre, afin que la production commence au plus tôt l’année suivante.
La plantation est également possible au printemps mais il y aura un décalage pour la mise à fruits.

C’est une plante vivace, qui aime les terrains légèrement acides, frais, légers et humifères.
Semis de mars à juillet, en place, à éclaircir à 15 cm en tous sens.
Il est bon de pailler les pieds et de les arroser par temps sec. Par ailleurs, il conviendra de supprimer les hampes florales afin de prolonger la production.
Les feuilles sont prélevées au fur et à mesure des besoins, y compris en hiver.
Il existe au moins trois variétés dont la “Blonde de Lyon” qui est lente à monter en graine.
Cette plante peut être traitée en bordure et, bien qu’elle soit peu exigeante, il me semble raisonnable de prévoir son renouvellement tous les 3 ans.
Pour en savoir plus
C’est une plante vivace et rustique, originaire d’Europe, qui peut atteindre 15 cm de haut.
Moins acides que l’Oseille habituelle, les feuilles ont une saveur qui rappelle celle de l’Épinard.
Elles s’utilisent en soupe ou en légume vert.
La récolte s’effectue au fur et à mesure des besoins, durant la belle saison, les premières pousses pouvant apparaître en février et jusqu’en octobre.
Les hampes florales seront supprimées, pour ne pas affaiblir les plants, dont le feuillage disparaît en hiver.
Le sol sera de préférence de pH neutre et riche en humus.
Arrosage normal en saison sèche et exposition ensoleillé. Les plants seront espacés de 30 cm.
Les plants s’obtiennent par semis ou par division de touffes au printemps
Il est l’ancêtre de nos Poireaux modernes, mais au contraire de ces derniers, on ne l’arrache pas pour le consommer. On se contente du feuillage qui sera coupé à plus de 2 cm au-dessus du sol. Le petit fut et son bulbe terminal reste en terre.
Ce légume se multiplie par prélèvement des bulbilles lors des transplantations.
Durant l’été ce légume disparaît
Plante vivace dont on utilise les racines rappées, en condiment (plus fort que la moutarde).
Après deux ans de culture et tout en sachant que les tronçons de racines se bouturent en pleine terre au printemps, et que les racines se conservent dans le sable, comme les carottes.
Cette plante puissante et touffue, de 50 cm de haut dont une variété panachée est très décorative, peut s’avérer envahissante et il est préférable de l’implanter à l’écart.
Compte tenu du mode d’utilisation, il semble raisonnable de renouveler un tiers chaque année.
Ce légume, commun dans l’est, est plus rare à l’ouest et il a la réputation de limiter la cloque du pêcher.

Très belle plante au feuillage majestueux et décoratif, elle peut avoir sa place dans le jardin floral.
Le sol souhaitable : profond, frais, acide, très riche et humifère. Exposition en plein soleil.
Cette plante peut être obtenue facilement par semis mais la méthode la plus courante consiste à diviser la souche en octobre ou en mars. Division possible suivant le nombre de bourgeons centraux.
Diverses variétés existent, dont une précoce au pétioles très fins ‘Timperley Early’, sinon ‘Rouge monarque’ ou ‘Queen Victoria’ qui peuvent permettre deux récoltes par an, en mai-juin puis en octobre. Seuls les pétioles sont utilisables, les feuilles contiennent de l’acide oxalique et sont toxiques.
Taille : les hampes florales sont à supprimer car elles fatiguent la plante inutilement.
Chaque automne, il est bon d’assurer une bonne couverture de matière organique. Durant la saison, pailler les pieds et arroser si nécessaire.


Parfaitement rustique, peut rester dans le sol d’une année sur l’autre.
Il peut être cultivé pour la consommation des tubercules frais, à prélever de novembre à mars, au fur et à mesure des besoins, mais aussi pour constituer une sorte de haie florale, pour la fleur coupée ou pour les trois raisons.
Le sol souhaitable sera profond, léger, riche en humus et bien drainé.
Il existe plusieurs variétés, mais il faut savoir que chaque œil des tubercules constitue une plante en puissance. Aussi, éviter de passer le motoculteur dessus.
Ne pas se laisser envahir ! Certains chercheront à cerner cette plantation, comme il est d’usage pour les Bambous, en interposant un film plastique.
Les semis sont à faire de préférence en avril, 10 cm de profondeur, espacement théorique au moins la première année 60 cm.
Intuitivement, il semble souhaitable de déplacer cette culture tous les trois ans au maximum.
... et autres petites formes, seront déplacés tous les trois à cinq ans environ et pas en totalité, pour se prémunir des échecs (rares) à la reprise.
Michel Belloche, le 23 octobre 2010